Billet des Corbières 15: Les chevaliers cathares pleurent doucement…

Là, sur la route de Narbonne, à défaut de voir les tours de Carcassonne se profiler à l’horizon de Barbeira, intriguent (et exaspèrent!) depuis une trentaine d’années quelques cylindres bétonnés surgissant de la garrigue, sur l’aire de repos dite de Pech Loubat.

Dans le cadre du 1% artistique, les maîtres d’ouvrages publics devant consacrer ce pourcentage du coût de leurs constructions à l’acquisition d’œuvres d’art, Jacques Tissinier fut mandaté, en 1977, par le maire de Narbonne, pour envisager une sculpture sur la future aire de repos d’autoroute aménagée sur sa commune. Sans que ne soit évoquée quelconque allusion au catharisme, le projet mentionnait à l’origine des regards scrutant l’horizon et le rappel d’un patrimoine ancien par un geste artistique contemporain.J’avoue que ces cylindres tronqués en forme de camemberts et les boulets jonchant la garrigue desséchée ne sont pas sans me procurer une certaine émotion.Je suis plus dubitative devant les trois pièces de lego géantes (treize mètres de hauteur) « bunkerisées » en ciment et quartz sablé, censées donc représenter des « chevaliers cathares »…

De leurs yeux stylisés en meurtrière, surgit pour le personnage central, la pointe d’un canon ?
À l’origine, le sculpteur avait installé dans son regard d’anciennes lunettes de canon de la Kriegsmarinedénichées dans une brocante afin que le public montant à l’intérieur puisse scruter de très près la cathédrale Saint-Just de Narbonne. Très vite, des visiteurs malveillants les dérobèrent pour, dit-on, en faire usage à la chasse aux canards sur l’étang lagunaire de Bages-Sigean tout proche.

Sans me plonger dans une analyse détaillée de la chanson de Francis Cabrel, il faut relever tout de même une inexactitude, en fait, probablement un trait d’ironie. » L’artiste du dessus de la Loire » s’appelle Jacques Tissinier, un peintre et sculpteur originaire d’un village du Lauragais dans l’Aude, ancien étudiant à l’école des Beaux-Arts de Toulouse. Son nom est même un dérivé de « Tesseyre », tisserand en languedocien. Au temps de la croisade contre les Albigeois, les « Parfaits » cathares étaient communément appelés les tisserands parce que beaucoup d’entre exerçaient ce métier.

 

 

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