L’école dans la littérature(suite): Le Grand Meaulnes D’Alain-Fournier.

C’est en 1914, en septembre, qu’Alain-Fournier, lieutenant, est tué au front de la Grande Guerre. Un an auparavant, en 1913 Henri Fournier, sous le nom d’auteur d’Alain-Fournier, publiait un roman intitulé Le Grand Meaulnes. Le récit paraît d’abord en feuilleton dans la Nouvelle Revue Française avant de sortir en librairies. L’ouvrage aura un succès immédiat, il rate de peu le prix Goncourt en 1913. Au cours du XXè siècle il sera parmi les rares romans français les plus vendus au monde. 

Epineuil--une-salle-de-classe

L’école, un milieu familier à l’auteur et une image heureuse:

Henri a 5 ans lorsque ses parents sont nommés instituteurs à Epineuil après avoir été quelques années en poste dans le village de Marçais, pas bien loin, en Boischaut. Ce village de Marçais qui avait été celui de la petite enfance. Et qu’il évoque ainsi dans une lettre à Marguerite Audoux du 9 juillet 1911: « Tout celà me rappelle de très vieux paysages de ma première enfance, dans des pays du Cher où je ne suis jamais revenu. » Le jeune Henri restera sept ans à Epineuil (1891-1898), le village et son pays allentour l’ont profondément marqué. Il va faire de l’école le centre de son roman, avec ses deux classes et le logement familial. Et célébrer cette « longue maison rouge avec cinq portes vitrées, sous des vignes vierges » qui est une pièce maîtresse de la scène romanesque du Grand Meaulnes. Dans le roman, le village a été baptisé Sainte-Agathe empruntant ce patronyme à un lieu-dit proche où se dresse une chapelle vers laquelle les habitants de ce coin du Berry se rendaient en pèlerinage.

VISITER LA MAISON ECOLE DU GRAND MEAULNES, DANS LE CHER,

« Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrées sous des vignes vierges, à l’extrémité du bourg, une cour immense avec préaux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail…tel est le plan sommaire de cette demeure où s’écoulèrent les jours les plus tourmentés et les plus chers de ma vie… »

C’est dans cette école où Alain-Fournier fut élève de 1891 à 1898 que naquit le personnage d’Augustin Meaulnes” (Henri Lullier)

La maison école d’Épineuil le Fleuriel n’est pas une maison d’écriture mais une maison à rêver. Elle est le point central d’une carte imaginaire celle du pays du souvenir où se déroule le roman tout entier, le pays de la fin de l’enfance et du bonheur perdu. Conservée et même restaurée à l’identique l’école a gardé aujourd’hui encore l’atmosphère de la IIIe République, celle qu’a connue Henri Fournier.

Extraits du Grand Meaulnes:

Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189…

Je continue à dire « chez nous », bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.

Nous habitons les bâtiments du Cours Supérieur de Sainte-Agathe . Mon père, que j’appelais M.Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le cours supérieur, où l’on préparait le brevet d’instituteur, et le cours moyen. Ma mère faisait la petite classe.

 

« Et puis j’apprendrais aux garçons à être sages, d’une sagesse que je sais. Je ne leur donnerais pas le désir de courir le monde, comme vous le ferez sans doute, monsieur Seurel, quand vous serez sous-maître. Je leur enseignerais à trouver le bonheur qui est tout près d’eux et qui n’en a pas l’air…

 

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