Blanches mains.

11-531265

Théodore Géricault/ étude de bras et de mains…

 

 

Les mésanges des mains s’échappent en salutations

bucoliques

ouvrant le passage au duvet de l’ortie

qui déchire la paume ravie

et le velours du matin.

Ces tueuses aux veines bleues insuffisamment parées

étranglent dans l’étreinte moite

le passereau de peu de mots et son chant

mélancolique

pauvre anneau de pacotille

qu’elles convoitent jusqu’à l’envie

et dont elles trouvent immédiatement

à s’orner.

 

Barbara Auzou

 

9 réflexions sur “Blanches mains.

  1. Les mains parlent avant que la bouche ne balbutie
    Au chef-d(oeuvre, précieux outil, n’en sont-elles pas la panoplie ?
    Le marbre se veine
    le fer se forge
    le bois se taille, sans partir
    la terre tourne mais au jeu de paumes
    le plâtre éveille le prochain coup d’airain
    le fil se crois dans l’odyssée
    et la musique fait mieux que des mimes
    l’encre en coule à vide-coeur
    reste le peint qui croustille en sentant la Mie proche…

    Moi le manuel sans elles je ne saurais déboutonner le haut d’un bas journalier
    et dans le désordre communiqué par courrier, je sans qu’elles vont me débrouiller sans besoin d’Ariane le passage du labyrinthe…
    Nous avons un ami qui connut une certaine amputation..je finirai donc en le citant…C’est beau comme quand on se sent taire, ce que tu écris Barbara…

    LES MAINS COUPÉES

    En cette année malheureuse, je perdis mes mains, mais gardai mes poignets.
    Ce n’était pas satisfaisant.
    Il fallut m’en contenter.
    Il s’installa dès lors en moi une large nappe de calme.
    Je n’avais jamais été si calme.
    Le désespoir vaste avait reculé mes bornes.

    De là, mon calme, de cette grandeur accrue.
    Bien malgré moi!
    Et je circulais dans le cirque immense de mon malheur.

    Je fus toutefois tout près de le perdre.
    C’est qu’on voulut, par artifice, me redonner des doigts pour remplacer les autres et faire face aux nécessités de la vie.
    J’hésitais.
    Enfin je dis « non » et je retrouvai ma paix.
    Ce sentiment qui est si grand, il faut bien que ce soit la paix, sinon ce ne serait pas supportable.

    Parfois pourtant je pleure, je pleure, je n’en puis plus, je pleure traversé d’incessants coups de sifflets, des hurlements plutôt, mais si rapprochés qu’ils sont comme des coups
    de pique et tous ils hurlent en moi, ils hurlent :

    «
    Tu as perdu tes mains!
    Tu as perdu tes mains!
    Malheureux!
    Tu as perdu ta vie… »

    Henri Michaux

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