Valse des vieux amants mariés à l’art…

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Au soir des lampes sentinelles

postées au gué de l’ultime sursaut,

observe à la rampe des doigts

sans âge et de tous les âges à la fois,

les danses silencieuses et essentielles

des ombres -soeurs douces et charnelles

à la piste sombre d’un ciel enténébré  et froid

comme des étoiles en robes de nuit et de chaos.

Un deux trois.

Un deux trois.

Vois comme elles se meuvent à l’endroit

où le langage décide de son équivalent de silence.

Vois comme elles cognent à la coque du mot étroit

et dessinent des rondes répétées d ‘évidence.

Un deux trois.

Un deux trois.

Abreuve toi du bout du pied et avec élégance

des traces d’un ailleurs sensible et fugace

avant que d’un revers de talon,

l’aube en efface les traces.

 

 

Barbara Auzou.

 

 

12 réflexions sur “Valse des vieux amants mariés à l’art…

      • AU COIN DE L’ÂTRE

        Les pages fines de la vie

        (J’y ai séché des ancolies)

        Tournent au vent dont la main est vive :

        On sent sur soi la mélancolie

        De celui qui referme un livre

        Chanteur et si doux en ses rêves jolis

        Qu’on a cru le vivre,

        Et qu’on meurt, un peu, en le refermant…

        Laisse la porte close, chère,
        Nul n’a frappé ;

        Parlons du mois des roses claires.
        Des foins coupés ;
        Dis-moi les mêmes choses :
        On cueille vingt grappes roses
        A la même cépée-Laisse le feu mourir, un peu ;
        La chambre est tiède,
        Et je te sens sourire, des yeux.
        Dans l’ombre, à mon aide ;
        Redis encore les choses douces
        Que tu disais :

        On cueille bien vingt roses-mousses
        Au même rosier…

        Les heures perdues reviennent, parfois,

        Avec leur cueillette de fleurs des bois,

        Ou lasses et pâles du chemin droit

        Qui mène au décor comme on mène à la mort,

        Car la
        Bonté vaine porte son remords

        Aussi bien que la
        Haine, mais elle est moins forte ;

        Nul n’a frappé si ce n’est le vent ;

        J’aurais peur, en ouvrant, que ce soit la
        Mort

        Qui porte entre ses bras (tu dirais qu’elle dort)

        Ma
        Bonté pâle et froide qu’on a tuée l’antan…

        Clos mieux les lourds rideaux, plutôt :

        Le vent vacarme ;

        La pluie d’hiver pleure aux carreaux :

        J’entends ses larmes ;

        Toute l’ombre sanglote, intruse et veule ;

        N’est-il une demeure où l’on soit seuls ?…

        Allume la lampe avenante,

        Jette un cep au foyer qui s’éteint,

        Et prends, encore, entre tes mains,

        Le livre cher qui chante ;

        Relis, tout haut, que demain

        Nous revaut son attente.

        Et que la route est toujours bonne

        Pour celui dont le pas y sonne

        Et que la source est toujours neuve

        Pour le passant qui s’y abreuve

        Et que la vie est faite telle,

        Hasardeuse et hâtive,

        Morose, folle et belle,

        Perpétuelle,

        Pour qu’on la vive.

        Francis Vielé-Griffin

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