Mots peints et Mots écrits…Manifestation de la Muse.

Comme Niala-Loisobleu a peint à partir de mon poème pouls (c’est ici) , j’ai de mon côté écrit à partir de son tableau : Manifestation de la Muse ci-dessous.

P1040763

Sous la caresse fortuite d’un soleil ravi qui tressaille et ruisselle, le langage du ciel, trop jeune pour une nuit qu’on lui impose en bouquets de pacotille, a épousé les mots rares, les mots embués et les secrets de coton chuchotés  au bleu des draps, au chaud des billes

et

 

C’est la beauté du monde qui s’y penche pour mieux boire

Amphore

Encore

 

Elle n’est pas moi mais je tiens tendre la main abandonnée de l’autre qui déjà a couché son visage de pierre qui fut et sera le mien, celui de tous les matins, celui du fond des âges

 

Et qui s’étage contre la charge du monde à l’aube d’un pinceau bleu et au menton assoiffé de l’enfant avide, le doigt sur la mappemonde, étourdi d’images

En Corps

Encore

 

Et il peint des chemins de ciels clairs qu’un rien amuse.

Le soleil a rendez-vous avec la lune. Elle a enfin cessé de l’attendre s’abreuvant aux rivages tendres d’un ciel réconcilié

À la marge

Et à la manifestation de la Muse.

 

 

Barbara Auzou.

20 réflexions sur “Mots peints et Mots écrits…Manifestation de la Muse.

  1. Je tends le ciel de lin au châssis de l’autre. Reins a dire. Le trouble mélange les mots, cette violence du ton adoucie par la langue franche aise. Liant son naturel complémentaire à l’evidence.
    Je me retrouve au grandOueuvre du surréalisme avec toi Barbara. Ce fut le faire de la Muse. La parité artstisque inconditionnelle. A poursuivre au nom de l’Art. S’il-te-plait. Merci B.A.

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  2. Paul a eu des trous. Et pas des moindres durant sa traversée terrestre. De mémoire certainement pas, je l’affirme. Il s’agit donc bien d’une omission voulue Barbara.
    Toi qui est au seuil de la couleur Julie, c’est émouvant de constater être dans ton couloir.
    Merci.

    Aimé par 1 personne

      • LA PROMENADE DANS NOS SERRES

        O draperies des mots, assemblages de l’art littéraire, ô massifs, ô pluriels, parterres de voyelles colorées, décors des lignes, ombres de la muette, boucles superbes
        des consonnes, architectures, fioritures des points et des signes brefs, à mon secours ! au secours de l’homme qui ne sait plus danser, qui ne connaît plus le secret des gestes, et
        qui n’a plus le courage ni la science de l’expression directe par les mouvements.

        Cependant, grâce à vous, réserves immobiles d’élans sentimentaux, réserves de passions communes sans doute à tous les civilisés de notre Age, je veux le
        croire, on peut me comprendre, je suis compris. Concentrez, détendez vos puissances, — et que l’éloquence à la lecture imprime autant de troubles et de désirs, de
        mouvements commençants, d’impulsions, que le microphone le plus sensible à l’oreille de l’écouteur. Un appareil, mais profondément sensible.

        Divine nécessité de l’imperfection, divine présence de l’imparfait, du vice et de la mort dans les écrits, apportez-moi aussi votre secours. Que l’impropriété des
        termes permette une nouvelle induction de l’humain parmi des signes déjà trop détachés de lui et trop desséchés, trop prétentieux, trop plastronnants. Que
        toutes les abstractions soient intérieurement minées et comme fondues par cette secrète chaleur du vice, causée par le temps, par la mort, et par les défauts du
        génie. Enfin qu’on ne puisse croire sûrement à nulle existence, à nulle réalité, mais seulement à quelques profonds mouvements de l’air au passage des sons,
        à quelque merveilleuse décoration du papier ou du marbre par la trace du stylet.

        O traces humaines à bout de bras, ô sons originaux, monuments de l’enfance de l’art, quasi imperceptibles modifications physiques, caractères, objets mystérieux perceptibles
        par deux sens seulement et cependant plus réels, plus sympathiques que des signes, — je veux vous rapprocher de la substance et vous éloigner de la qualité. Je veux vous
        faire aimer pour vous-mêmes plutôt que pour votre signification. Enfin vous élever à une condition plus noble que celle de simples désignations.

        Francis Ponge

        Aux greffes, l’acte ne porte pas sentence…mais semence…
        Merci Glomérule Néphron.
        N-L

        Aimé par 2 personnes

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