La Gravité.

La Petite Châtelaine. Camille Claudel. (1890)

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Nue et désemparée

au jour qui la traverse

d’affronts, de tensions,

de fureurs et d’accalmies,

à la forge et à la cendre,

la gravité pâle en sa robe

d’interrogations et d’envies

redonne confuse l’attention claire au geste

et la connaissance de ce qui s’ingénie

à rompre, à briser, ou à renaître au tison.

 

Elle qui s’était clouée le coeur

à la combe et au versant le plus escarpé

de la tourmente du tout- ou- rien et du conflit

accepte à l’aurore de se laisser bousculer, tendre,

et tous les rires dedans qui restaient à secouer

se répandent féconds et en pluie

au crépuscule de la fleur.

 

 

Barbara Auzou.

11 réflexions sur “La Gravité.

      • Ah bon pourtant…
        Sais-tu que plus je m’écarte, plus je m’approche, pas évident à comprendre, mais je crois qu’en ce qui te concerne la question ne se pose pas. L’Art a ce don là. Par la poésie tu peux avoir le dépassement total. En peinture sans qu’il soit nécessaire d’appliquer un ton, c’est l »La couleur de l’ensemble » qui mène directement à la transcendance. Tu as aujourd’hui une présence de voix dans l’absence tonale. La joie est dans cette fleur que tes doigts pense tailler en fonction du fleurissement que ton oeil entrevoit. La brutalité prend le pas sur une infinité de choses. C’est un monde qui ne fait que se mentir qui a envahit l’endroit le plus paisible. Le crime est devenu une institution, les médias ne tournent qu’autour de la mort programmé. Elle n’a plus rien à voir avec la fin naturelle.. Et nous, nous osons parler d’espoir, seuls les enfants et les artistes ont cette faculté. Je suis vidé physiquement par ce que je viens de terminer. Dans mes jambes lourdes, mon dos qui arrache, il y a pourtant le grain du prochain. J’ai toujours dit qu’un cheval ne meurt que debout.
        Bon..allez je m’arrête là.

        Merci Barbara.

        Aimé par 1 personne

  1. Quand je pense aux années de cendres dans cet hôpital, mon cœur saigne ! Camille, ce prénom de l’amour à la folie! Merci pour ce magnifique poème ! Et, toujours aussi touchée par son talent ! D’ailleurs, ne peut être touchée par celui de Rodin sans la remercier de lui avoir à sa sensibilité !

    Aimé par 2 personnes

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