« Mon Frère ». Daniel Pennac.

mon-frere-publie-le-5-avril-2008_6041526

Avec Mon frère, hymne à l’amour pour son aîné disparu, Daniel Pennac livre un poignant récit intime.

Depuis 2007, Daniel Pennac pourrait le psalmodier tous les jours : « Je préfèrerais pas que mon frère meurt. » Lorsque Bernard, son aîné admiré, est emporté par une septicémie après une opération de la prostate, l’auteur de la série Malaussène est proprement anéanti. Sa béquille de jeune cancre, son partenaire d’échecs, son mentor réconfortant, n’est plus. Comment vivre sans lui ? Mal ! Daniel manque de se faire écraser plusieurs fois, se fait casser la figure dans le métro, tombe d’une falaise…, alors que, ironie de la vie, son Chagrin d’école, prix Renaudot 2007, s’envole vers un succès stratosphérique. En 2009, l’écrivain, presque apaisé, décide de monter pour le théâtre l’étrange nouvelle d’Herman Melville, Bartleby le scribe, un texte qui le hante depuis son adolescence, un texte, surtout, qui le rapproche tous les soirs de son frère.

Car c’est bien Bernard, l’homme qui lui donna le goût de la lecture et de la dérision (« Toute notre vie je me suis alimenté à son humour ») qui lui fit connaître ce chef-d’oeuvre de l’absurde. Lunettes fines sur le nez, Pennac joue le rôle du notaire et patron de Bartlefy dans le New York du milieu du XIXe siècle, dont il reproduit ici le monologue, accompagné des réactions du public – rires, interrogations, révolte, malaise…- devant l’inertie désarmante de Bartleby qui à toute demande de son chef, rétorque l’oxymore qui rend fou. : « I would prefer not to. » – « je préfèrerais pas que ». Tandis que se déroule la pièce, défilent les souvenirs autour de Bernard, l’enfant chéri de la famille Pennachioni : les balades le long de la rivière, l’affection indéfectible, son refus de dramatiser, son Parkinson et aussi la pudeur familiale : « Nous étions les derniers représentants du monde du silence », écrit Pennac dans ce superbe récit, saisissant cri d’amour au frère disparu. M. P.

 

daniel-pennac-enfant_6041500

Daniel Pennac, trois ans, et son frère Bernard, huit ans

 

Copyright Gallimard

.

3 réflexions sur “« Mon Frère ». Daniel Pennac.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s