Les mots peints: Jardins Suspendus.

Voici Jardins Suspendus, fruit de ma dixième collaboration avec le peintre Niala. Cette fois l’écrit n’a pas précédé le peint mais a tenté la recherche d’une simultanéité à chaque étape d’une toile

qui se tendit finalement comme un miroir au jardin d’un 14 avril ensoleillé tenant ses promesses de printemps, de menthe et d’herbe fraîche.

P1050633

JARDINS SUSPENDUS,
Niala
2018
Acrylique s/carton toilé 46×38

 

Jardins suspendus.

 

 

Hier encore un peu infirmes

Nous cherchions à tâtons les géographies intimes

Aux veines paresseuses de la route endormie

Et au crime perpétué en silence sur les corps engourdis.

C’est à la fenêtre peinte d’un vert jardin

Que nous nous mîmes en chemin, calmes et fous

Tenant le cadre solidement à deux mains

Comme on épouse comme on rejoint

Et les arbres nous pansaient dans l’idée floue qu’on avait d’eux

Nous bâtissant des jambes pour marcher

Et des lignes à suivre aux fronts qui acquiescent, heureux.

L’époque était à la terre et à l’essaim sensible des feuilles

Aux ventres blancs qui palpitent

Aux chiens qui réclament la balle pour revenir plus vite

Et à la croissance insolente de la clématite.

Illisible dans l’avant

Illisible dans l’après

Elle réclamait l’instant nu

Le seuil

La tendre retraite au pré de l’épousée

La menthe la mousse l’amour des jardins suspendus.

 

 

 

 

Barbara Auzou.

25 réflexions sur “Les mots peints: Jardins Suspendus.

  1. Mieux que te dire l’intense du ressenti, comme tu as fait pas à pas le parcours mano a mano, tu sais l’absolu. Les mots resteront dépassés par ce qui en transpirera.
    C’est si grand ce que tu as écrit Barbara.
    Il n’est pas peint à la bouche mais mes mains t’embrassent comme en le faisant.
    Merci Barbara !

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Les mots peints: Jardins Suspendus. | Boycott

  3. Pingback: LA PORTE DE DERRIERE – Niala-Loisobleu

  4. C’est magnifique ! Merci pour ce beau partage Barbara et quelle belle association. J’apprécie beaucoup l’univers de Nialae et ses couleurs se marient si bien à celles de tes mots ! Bravo à vous deux !
    J’adore ce passage : « Et les arbres nous pansaient dans l’idée floue qu’on avait d’eux Nous bâtissant des jambes pour marcher »

    Aimé par 1 personne

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