Corona. Paul Celan.

celanvignette

Corona

 

Du dedans de la main, l’automne dévore sa feuille : nous sommes amis

Nous libérons le temps de la coquille de noix

Et nous lui apprenons à marcher

Le temps retourne vers sa coquille

Dans le miroir c’est dimanche

Dans le rêve nous dormons

La bouche parle vérité

Mon regard descend vers le sexe de l’aimée

Nous regardons

Nous nous parlons des ténèbres

Nous nous aimons comme pavot et mémoire

Nous dormons comme vin dans les coquillages

Comme mer dans les rayons de sang de la lune

Nous nous tenons enlacés près de la fenêtre

Ils nous dévisagent de la rue

Il est grand temps que l’on sache

Il est grand temps que la pierre s’habitue à fleurir

Que le non-repos batte au cœur

Il est temps que le temps soit

Il est temps.

 

Recueil : « Pavot et Mémoire ». 

6 réflexions sur “Corona. Paul Celan.

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s