Autrement.

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Il y a

que j’étais à la fois trop grave et trop insensée pour me déguiser

et je prenais en corps la dimension de ce que je regardais

comme on reçoit le rayon à empoigner le sourire au jeu.

 

Il y a

que vos mots se succédaient comme des accidents surpris au virage,

cortèges qui traçaient des lignes régulières entre des carcasses de peu

quand j’attendais l’irrévélé de la pierre sans âge

au détour d’un sentier coloré que je m’étais choisi.

 

Le froid de vos vies parfois me faisait fuir, affolée, le feu

et préférer le frisson d’un sol froid et avec lui tous les saccages

et je reniais comme on rature nos rituels ravis

dont vous arrachiez les roues pour les jeter dans un ravin silencieux.

 

Autrement

J’ai rêvé d’oiseaux au grès peint de mes lendemains

Sur la corde d’un tapis qui chantait et me tenait la main.

Autrement

Le poignet complice au pli contourné de l’habitude pour un autre langage

comme un gibier dompté au matin et pour la douceur bleue de son pelage

Autrement

La peau et son oeil humide d’animal sauvage

quand vous aligniez des chats crevés dans des cirques sales et bien sages

Autrement

Le sabot se balançant à la marge

comme un épervier sans pardon pour la ligne droite

que vous traciez sur mes pages les nuits sans sommeil

Autrement

la capitulation du rêve à boire en creux tous les dommages

aux nuages secs d’un ciel sans soleil

 

Autrement

Je trébuche

parfois

mais je gravite

au-dessus de vos toits.

 

 

Barbara Auzou.

7 réflexions sur “Autrement.

  1. C’est très beau, Barbara. J’ai l’impression que ton (tant pis pour le vous, j’ai vraiment du mal avec) écriture change, où tout du moins progresse, difficile de mettre des mots pour le définir, suis-je la seule à le ressentir ? Il y a ces derniers jours comme une autre respiration dans l’évolution, j’aime particulièrement ce qui en émerge, peut-être est-ce parce que cela me parle encore plus 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. A l’aube, les yeux dans l’éboulis, le rai force
    levier qui voit bien les cercles concentriques de l’épervier
    il glisse à passer, en appui sur un minuscule caillou pour point de levage.

    Le vent a sorti ses sorcières
    un immense charivari claquemure, déracine et envoie les volets au rabat
    corps à corps de l’allumage avec le coupe-circuit

    Autrement ce qui oui fait non
    l’ouverture tourne au double-tour
    Autrement le soleil tombe à seaux
    Autrement le baiser mord
    Autrement l’arbre dressé s’abat de tout son long sur la voix
    au tressauté de sanglots le sol déchire la clef de l’apporté

    Et au bout d’une tuile romane l’arrondi se raidit à briser l’arêtier
    un déversoir perforé de balles noie le chien dans le bond de son jeu
    la marche-en-avant dévisse, désencordée de l’ascension
    l’à-pic arrête le truc à plumes en haut du grand escalier

    Autrement dit
    Autrement fait
    Le même geste a changer de sémaphore
    Le même mot prend l’accent du tant qui fait

    Autrement
    assis sur le tapis
    la main sur la manivelle
    bleue
    fait chanter la montée du chevalet
    ô range
    il était une foi les couleurs complémentaires…

    N-L

    Aimé par 1 personne

      • De cette maison dont les restes sont accrochés aux herbes, outre les cris que les arbres en ont gardé, j’ai voulu voir s’il restait des jambes à l’âtre, Repoussant les tentacules de la pieuvre roncière qui se tenait à l’entrée demeurée, je me glissai dans ce qui fut la salle commune. Oui j’aperçus le manteau qu’un rayon enflammait au travers des poutres tenant des bribes de ciel entre la ramure. Il se tenait debout sur les pierres simplement moulurées, un signe de famille ciselé sur l’appui pour qu’il reste la racine du bois à chauffer. Je me suis entendu te dire que j’avais envie de manger des olives de toutes les couleurs. A quoi tu as répondu et on avalera les noyaux pour qu’ils tintent sur l’émail de la chaise percée…euh le cabinet de curiosités était à deux places. Autrement dit ceux qui ont vécu ici avaient une idée exercée de la compréhension du langage…
        N-L

        Aimé par 1 personne

      • Cèpes pas les trompettes de la mort ou de la renommée qui feront brouillade,
        le cabinet des curiosités a vue sur les champs-pignons. L’histoire ne dit pas si l’amanite tue mouche ?. La tua-t-il ou chanterelle au-dessus du cabinet?

        Aimé par 1 personne

      • Les chants-pignons c’est mieux qu’ailisées où l’amanite vit en façade. En couches il fait
        carrière. L’histoire secrète des états de pleurote qui larmoient. Au cabinet c’est cul-rieux
        en transit…

        Aimé par 1 personne

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