A notre mesure…

champ-de-lin

Nous étions de retour

et à l’herbe de notre regard

nous délimitions nos parcelles alentour

pour établir notre lieu rare

dans la faille du temps

comme des flèches d’eau vive

à l’acier d’un ciel trop lourd.

 

Nous avions retrouvé notre visage

évanoui dans de trop pâles images

et nous le vengions de son profil dur

en bâtissant de nos mains

une maison à notre mesure.

 

Complices encore au coeur des signes

comme un battement d’aile saugrenu

dans le vent du matin,

nous parlions bas nous parlions nu

et les champs bleus déliaient

paresseusement au renouveau de nos yeux

leurs grands corps de lin.

 

 

Barbara Auzou.

16 réflexions sur “A notre mesure…

  1. Dansant, le souffle court d’un galop matinal
    nous étions sur la vague
    montés à cru
    nous perdant dans le tourbillon du cri des oiseaux marins
    La ligne des maisons aux ardoises semblaient vouloir écrire ces mots que le vent nous dictait dans sa volonté de faire reculer la matérialité de n’importe quel jour
    Il est vrai, ne serait-ce qu’à l’odeur montant du tréfonds, ce matin-là, la mer portait nue bien plus loin que la vapeur…
    N-L

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