Où?

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Si tu m’attendais quelque part

serait-ce à la pierre de l’enfance pétrifiée

dans les dimanches d’octobre embarqués

dans une lumière qui se fait verre au poignet

ou rebrousserais-tu le sens du manège

sur un cheval de bois mal peigné?

Te tiendrais-tu dans les fossettes de la distance

dans le nid ancien du pot-aux-roses

ou dans le soupir d’une saison mort-né au papier à fleurs

pour pan par pan l’arracher de tes mains?

Serait-ce au seuil d’une cuisine, coincé

entre la confiture et la faim, la fièvre et le feu?

Ou m’attendrais-tu à la minuterie morne du temps

pour m’enlever à l’autre moitié du monde enfin

et à la faveur d’une phrase péremptoire prononcée bouche close?

M’attendrais-tu endormie ou pâmée dans l’ellipse ou la plainte

dans des pleurs pour te plaire ou posée rose dans un ciel rare?

Si tu m’attendais quelque part

serait-ce au silence de mes statues, mutique au marbre de mes vers

ou confondu dans le mètre du ruban qui nous toise?

 

 

Barbara Auzou.

13 réflexions sur “Où?

  1. La Seine en fut témoin, il attendait rive gauche, à L’Ecluse ton passage
    son tablier à carreaux et ses culottes courtes galochant tes tresses dans nec flux mergitur de ta culotte petit-bateau
    oh le chemin des Halles
    tel le voile qu’on lâche au vent pour la garçonnière sous les Toi, roucouleuse plus rouge qu’un géranium en pleine poussée hormonale
    Les bûchettes du bougnat, son cheval tireur de boulets, tu devrais te souvenir du feu que le coin de porte-cochère où il t’attendait inspira à Tonton Georges
    et les quat’saisons en charrettes
    l’Ecole des Beaux-Arts, où Marguerite en chanson avait une autre signification quand la fanfare le guidait vers ta Loge de l’Elysée-Montmartre pour un bal pamiliké où tu lui destinais ton bidon d’huile de lin et de suie pour danser tout noir
    y avait pas de cadenas à la passerelle du Pont des Arts
    sans doute pour chasser toute fausse impression de mec fermé
    Au train d’Orsay que de voyages il mettait dans ta trousse d’écolière, tiens même qui t’en reste assez de couleurs pour écrire avec cet à part que seul le Beau peut avoir
    Tu fais plus que corde de piano tant tes vocales sont comparables au vent des Corbières qui ramasse à couper le souffle, caillou il fut, montagnes tu es devenue
    Il semble que l’endroit où il aurait pu ne pas t’attendre, ça n’existe pas…
    N-L

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