La maison du haut.

karang-05

Nous avions établi notre maison du haut dans l’attente rose et le gué tendre, désertant la vie grouillante, pour l’amour du silence , prompts à éloigner l’orage du pavot.

Nous laissions l’arène de l’aile plaintive à la patte molle du jour et aux becs des corbeaux qui contemplaient l’ongle rongé du jardin avec une satisfaction maladive.

Et quand le pouls portait à la poitrine les cors de chasse de la première bruine, nous restions loin du fouet du langage et du poignard du geste pressé.

Les rails du tonnerre retenaient pour nous la vague qui se faisait le dos rond aux rochers escarpés de notre demeure de papier.

Les cordes accrues se nouaient et se dénouaient encore pour tresser le noeud sensible d’un mystérieux accord que nous portions du.bout des doigts comme un objet rare et dur.

Au soleil revenu du matin, nous élevions avec soin les poissons de nos chevelures.

 

 

Barbara Auzou.

19 réflexions sur “La maison du haut.

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s