Les mots-peints: A la butée des étoiles.

Voici À la butée des étoiles, ma seizième collaboration avec le peintre Niala.

 

P1050669

(Acrylique sur toile. 100×100)

 

Dans les hauts jardins de l’imagination,

je te trouverai broyant la couleur

au revers du coquelicot éphémère,

accoudé au temps et à la butée des étoiles,

à fortifier la frêle charpente de la toile

que le couteau déjà entaille de son entière passion.

Je te trouverai absorbé dans l’intervalle

entre le geste et son intention,

entre la beauté et son interrogation,

au coeur d’une lumière différée,

à la torche ressaisie sur la cécité du jour

et dans le halo d’une certaine idée de l’amour.

 

 

Dans les hauts jardins de l’imagination,

tu me trouveras au dernier quartier lunaire,

sur la balançoire obstinée qui balaie le vulgaire,

à la strate du mot et à la nuque d’un bras de mer.

Tu me trouveras au sang bleu d’un théâtre mental,

à la mouette qui se cogne à la butée des étoiles.

Tu me trouveras dans l’étroit du mot,

dans l’écriture du ventre et son cachot,

entre le centre et le contour,

entre le dire et son silence,

au coeur d’une partition langagière,

à la torche ressaisie sur l’éphémère

et dans le halo d’une certaine idée de l’amour.

 

 

Barbara Auzou.

 

19 réflexions sur “Les mots-peints: A la butée des étoiles.

  1. Il faudra se souvenir de cette EPOQUE. Tu étais assise derrière-moi, sur le tapis où tu as planté la place de ton choix, le chevalet dressait cette grande toile en témoignage. Ma main gauche n’a pas eu d’autre tremblement que l’émotion d’un amour se foutant de tout se qui pouvait lui être étranger, il a peint la tendresse infinie de ses mots crus, la force spontanée de son absolue en suivant tes mots à la lettre.
    Je t’infinis d’un silence sans fin ma Barbara.

    Aimé par 3 personnes

  2. Il y a cognition dans nos ressentis communs. La plus forte expression se traduit par le silence, on descend par lui seul au centre du noyau, La fusion est totale. Je ne doute pas que c’est ce vers quoi nous nous dirigeons. Nous avons entrepris une marche vers l’absolu* et nous y parvenons. La parallèle de notre création personnelle est évidente, s’il l’on bandait nos mains on ne pourrait désigner laquelle écrit et laquelle peint. Elle sont un même bras, la symbiose à des yeux pour dire et une voix pour entendre.
    En toute humilité, je suis amené à dire à quel point de force créative tu m’as placé ma Barbara.

    Aimé par 1 personne

  3. L’OBJECTIVITE POÉTIQUE

    Guerre des errants et des guides

    A rebours de la peur
    A rebours des conseils
    Loin des rives les plus sensibles
    Fuir la santé des mers
    Espoir des premiers pas
    Fuk les couleurs inhumaines
    Des tempêtes aux gestes mous

    Matin brisé dans des bras endormis

    Matin qui ne reviendra pas

    Reflet de rousse qui s’éteint

    Les seins aigus les mains aimables

    A coups de fouet l’offre de soi

    Rien ne vaut le malheur d’aimer

    Rien le malheur

    L’écume détournée

    Abrège la sentence qui monte aux lèvres

    Qui va au cœur

    Qui s’effondre avec un rire d’origine

    Un rire aveuglant.

    Fragile douloureuse et marquée à l’épaule
    Des cinq doigts qui l’ont possédée.

    Le long des murailles meublées d’orchestres décrépits
    Dardant leurs oreilles de plomb vers le jour
    A l’affût d’une caresse corps avec la foudre
    Le sourire faucheur des têtes basses
    L’odeur du son

    Les explosions du temps fruits toujours mûrs pour la mémoire.

    Même quand nous sommes loin l’un de l’autre
    Tout nous unit

    Fais la part de l’écho

    Celle du miroir

    Celle de la chambre celle de la ville

    Celle de chaque homme de chaque femme

    Celle de la solitude

    Et c’est toujours ta part

    Et c’est toujours la mienne
    Nous avons partagé
    Mais ta part tu me l’as vouée
    Et la mienne je te la voue.

    Et tes mains de pluie sur des yeux avides

    Floraison nourricière

    Dessinaient des clairières dans lesquelles un couple

    s’embrassait
    Des boucles de beau temps des printemps lézards
    Une ronde de mères lumineuses
    Retroussées et précises
    Des dentelles d’aiguilles des touffes de sable
    Des orages dénudant tous les nerfs du silence
    Des oiseaux de diamants entre les dents d’un lit
    Et d’une grande écriture charnelle j’aime.

    Tant de rêves en l’air
    Tant de fenêtres en boutons
    Tant de femmes en herbe
    Tant de trésors enfants
    Et la justice enceinte
    Des plus tendres merveilles
    Des plus pures raisons

    Et pourtant

    Les heureux dans ce monde font un bruit de fléau

    Des rires à perdre la tête

    Des sanglots à perdre la vie

    Les yeux la bouche comme des rides

    Partout des taches de vertu

    Partout des ombres à midi.

    Colère miel qui dépérit

    L’abri des flammes se consume

    C’en est fini de voler au secours infâme des images

    d’hier
    La perfection sylvestre la fine mangeoire du soleil
    Les fondantes médailles de l’amour
    Les visages qui sont des miettes de souhaits
    Les enfants du lendemain le sommeil de ce soir
    Les mots les plus fidèles
    Tout porte de noires blessures

    Même la femme qui me manque.

    Paul Eluard

    J’avais envie d’un interprète pour dire ce que je n’ai pas le talent de formuler, Grindel manque jamais à sa parole ma Barbara.

    Aimé par 1 personne

  4. LA NÉCESSITÉ

    Sans grande cérémonie à terre

    Près de ceux qui gardent leur équilibre

    Sur cette misère de tout repos

    Tout près de la bonne voie

    Dans la poussière du sérieux

    J’établis des rapports entre l’homme et la femme

    Entre les fontes du soleil et le sac à bourdons

    Entre les grottes enchantées et l’avalanche

    Entre les yeux cernés et le rire aux abois

    Entre la merlette héraldique et l’étoile de l’ail

    Entre le fil à plomb et le bruit du vent

    Entre la fontaine aux fourmis et la culture des framboises

    Entre le fer à cheval et le bout des doigts

    Entre la calcédoine et l’hiver en épingles

    Entre l’arbre à prunelles et le mimétisme constaté

    Entre la carotide et le spectre du sel

    Entre l’araucaria et la tête d’un nain

    Entre les rails aux embranchements et la colombe rousse

    Entre l’homme et la femme

    Entre ma solitude et toi.

    Paul Eluard

    La thérapie du poitrinaire…
    N-L

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  5. A BRAS OUVERTS, MAIN COUPÉE

    La tête à couper jamais la main jamais les doigts

    Bras et jambes coupés les bras tombent à bras-le-corps les bras tombent à poings fermés jambes à bras sans jambes ni bras

    Les mains vides jetées à pleins bras

    A bras ballants

    la main tendue au creux de la main

    menottes aux ongles

    Pouce mordu auriculaire sourd index aveugle

    Annulaire et médius en angle
    X la noce nulle

    Main-tenant

    Main en dérive

    au bras d’une vergue

    A bras raccourcis la langue coupée impose les mains à tour de bras

    Une affaire de sang sur les mains une affaire de mains sur les bras

    Les bras de siège en état de

    Ghérasim Luca

    tue d’yeux, label verte !!!!
    N-L

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