Autan Occitan 7/ Billet des Corbières 71

Voici Autan Occitan 7 , fruit de ma collaboration avec le peintre Niala. 

Que vous retrouvez aussi ici.

(Autan-Occitan est une série de 10 tableaux de Niala à partir desquels Barbara Auzou a écrit 10 poèmes. Il s’agit donc d’une oeuvre commune de deux auteurs indissociables.)

autan occitan 7

(Autan Occitan 7/ Niala 2018/ acrylique sur toile 46×38)

 

 

En proie à une allégresse déliée,

entre langues de terres et langues d’argent,

vignes, pinèdes et marais,

nous suivions l’excursion réitérée d’un soleil haletant

et déjà Bages debout sur son éperon dominait l’étang

saumâtre de sa féminine salinité.

 

Le chemin se perdait entre les roselières

et quelques bosquets de pins se faisaient le belvédère

naturel de nos siestes offertes à la Tramontane ou au Cers

qui malmenaient les flamants fouillant l’eau amère

sous le regard jaloux de l’aigrette et du goéland.

 

Nos visages démâtés avaient la secrète connaissance du sable lisse

et nos bras de feu étreignaient la silhouette tremblante du tamaris

pour lui offrir le sel de son ultime couronnement.

 

Barbara Auzou.

8 réflexions sur “Autan Occitan 7/ Billet des Corbières 71

  1. Il y a ce que d’aucuns mettent avec dans l’idée d’ôter
    entraves et chausses-trappes
    pièges à loups et à ours tapis dans les cheminées se voulant claires
    Tel matin au terme d’une nuit à oublier
    Mais
    Mais
    Mais
    dans ta poche le caillou s’il grelotte c’est d’amour pas de tristesse
    il vient d’une montée à l’écart des autocars, chemin de biques, piste à lapins au bas duquel la vipère veille à filtrer
    L’allégresse ne saurait se faire liée par l’embûche
    elle regarde la clarté de Bages comme la couleur au travers du cristal
    Tes mots sont gardiens mon cher Ange Barbara
    ils prouvent que c’est faux de dire qu’ils n’ont pas de sexe
    la preuve tu es là
    Bon Jour, c’est classé noir dans le GPS des cons qui s’adorent
    Nous n’avons que l’amour à faire fleurir
    rien qu’on veuille coloniser

    « …Nos visages démâtés avaient la secrète connaissance du sable lisse

    et nos bras de feu étreignaient la silhouette tremblante du tamaris

    pour lui offrir le sel de son ultime couronnement. »
    Barbara Auzou.

    Merci de me donner l’accès au soleil…
    N-L

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  2. LETTRE A MARIE

    Vous m’écrivez qu’on vient de supprimer le petit train d’intérêt local qui, les jours de marché, passait couvert de poudre et les roues fleuries de luzerne.
    Devant le portail des casernes et des couvents.
    Nous n’avions jamais vu la mer.
    Mais de simples champs

    d’herbe
    Couraient à hauteur de nos yeux ouverts dans les

    jonquilles.
    Et nos effrois c’étaient les têtes de cire du musée,
    Le parc profond, les clairons des soldats,
    Ou bien ce cheval mort pareil à un buisson de roses.
    Des processions de folle avoine nous guidaient
    Vers les petites gares aux vitres maintenant crevées,
    Abandonnées sans rails à l’indécision de l’espace
    Et à la justice du temps qui relègue et oublie
    Tant de bonheurs désaffectés sous la ronce et la rouille.
    Depuis, nous avons vu la mer surgir à la fenêtre des

    rapides
    Et d’autres voix nous ont nommés, perdus en des jardins.
    Mais votre verger a gardé dans l’eau de sa fontaine
    Le passé transparent d’où vous nous souriez toujours

    Les bras chargés d’enfants et de cerises.

    Je pense aux jours d’été où vous n’osez ouvrir un livre

    À cause de ce désarroi de cloches sur les toits.

    N’oubliez pas.

    Dites comme nos mains furent fragiles dans la vôtre —

    Et qu’ont-ils fait de la vieille locomotive ?

    Jacques Réda

    Bien chère Marie,

    Quand les chats leurres quitteront le brûlant des toits, la tuile romaine s’étirera le rond rond du do, heureuse d’avoir chargé ses yeux d’une confirmation d’an passé. Il n’y a pas eu de mirage, la montagne c’est vrai peut-être noire sans pour autant qu’en la regardant elle se montre bien toute bleue. Pareil, la maison est sur la route, le plan de construire est obtenu. La garrigue a donné sa large part de senteurs pour combler le fade d’un environnement pauvre. El les pierres, ah les pierres, leur magnétisme laisse bouche bée.
    Au revoir Marie voici l’Autan qui apporte les nouvelles…

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