Dans l’Atelier (XII)

30rouge_gorge

Tôt

Sur le gant défait de la nuit nous avons veillé au grain

Et déjà le jour ouvre sa main

Tout se prépare à être

Le présent pour l’œil tout neuf et pour le vertige la roue

L’intimité de vivre couve la lumière et ses parfums

Et chausse    le temps d’un œuf    la ronde certitude d’être debout

À se façonner des ailes dans la matière endormie de la brume

Ô limpidité admirable des heures sur le souffle et sur la plume

Sphère totale de l’envie

 

 

Barbara Auzou.

5 réflexions sur “Dans l’Atelier (XII)

  1. Sur les cartes les routes marquent parfois des passages sans rien en avoir montré
    le chemin de vie passe la main
    on chercherait en vain le sacré d’un lieu resté ordinaire

    Les enclos ont été faits pour préserver cette autre religiosité

    Il disait la mer en crique calanque
    le port tient à marées pour

    Puis tu répondis maries-moi je veux accrocher ton anneau

    Dans son altitude la lune leur glissa l’échelle de corde sans prononcer un mot, passèrent des comètes aux longs cheveux sans qu’aucune rivière en noya un seul…
    N-L

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  2. LA VOIE LACTÉE

    L’atome, la tomate, une simple tomate sur une tige en rage atomique et on peut, si, on le peut si cela vaut vraiment la peine debout, de bouger une bougie dans la bouche de l’homme et la paix,
    la peine de mettre le feu au bout, un tout, un tout petit peu et on peut de nouveau bru brûler au vol, au volcan où le père, perpétuellement à l’affût d’une canne,
    fut à jamais tué d’un coup d’aile, ainsi que la colle, l’acolyte du bourreau, son accolade, mais tout cela délimiterait un peu trop les trois héros de la boue natale et le
    mythe de la proie et de la pomme.

    On sait que la pomme n’est rien, n’est rien d’autre qu’un sein, un symbole du lâchez-pas la chair de la chimère, une chaise atmosphérique et sa chaîne, bol de lait qui
    traîne saoul sous la peau, nuée noyée dans la braise centrale, cent plats portés sur un plateau platonique tonique à la portée d’un manque d’haleine, plateau de
    seins sphériques féeriques, éther, éternellement plantés dans la plaie de l’homme.

    Elle est la fronde tirée sur tout et surtout la frontière de tout, de tout ce qui tousse et tout étouffe, elle bouche l’issue du goût, du gouffre, borne la forme du corps et
    sans fer s’enferme, sue, suce et suffoque.

    Sa chair est sue, sucrée, elle effraie, elle est fraîche, et au contact tact de la tiède, de la tienne, c’est comme une tache dans l’air que ta chair celée se laisse toucher
    par la sienne.

    L’homme et le monde partagent entre eux le ver qui ronge le cœur de la pomme et comme une éponge aux yeux ouverts bien au delà du miel et du mal, le malheur absorbe l’absurde
    surtout sur toute la longueur de sa courbe qui naît, qui naît ailleurs et qui n’est d’ailleurs qu’une formule.

    Et la vie n’est rien, n’est rien en dehors de cette langue, de cette langueur des bornes courbées sous le poids d’une formule.

    Ayant à remplir d’abord la forme d’un sein en chaleur, c’est comme la vipère dans la vie du père que la courbe rampe à la recherche d’une bouche mais celle-ci étant
    privée de dents, son ascendant est la balle, la balance, ainsi le sein est bien obligé de verser son lait dans une autre version de la hantise qui est innée à sa
    néantisation.

    Entourée de sel qui livre sa rage à une salive d’absinthe, entourée de ses lèvres rouges mais absentes, la bouche sans dents boit, lave, voile l’acte de téter, elle
    boit la Voie Lactée comme on lèche ou comme un chien qui aboie.

    L’acte de suer dessus, l’acte d’être déçu au-dessous de soi-même et le sein, le simple fait de vouer, de vouloir ex ex exciter et exercer la succion sur un monde à
    excréter ex à exécrer aidé dé dé et déjà créé, crève le rêve du vampire et le sue, le suce en retour, se retourne souvent contre le
    vampire même, qui expie, expire, essaie et sec et ce qui qui étant, qui est encore pire, ce qui empire encore plus le pis, le pire, c’est qu’en expirant le corps secrète, il
    secrète le secret des mots et des mobiles, le secret de sa mobilité.

    Et c’est dans le noyau du feu foetal, dans le noyau foetal et focal d’une pêche immobile que l’homme noie à jamais le sec, le secret de son péché figé, fixé et
    pétri pétrifié à jamais.

    Ses jambes perdent pied entre la pêche et la pomme et il tombe raide dans un de ces rien du tout, dans un de ces aériens tombeaux du beau où le laid n’est qu’un bien, un but, un
    sein, un simple attribut du mal, du malheur d’être.

    Naître dans son propre tombeau sévit, vire et crève, c’est vivre la vie d’un décapité qui rêve.

    Sa captivité constitue tue à l’aise les œufs qui palpent des pépins et des tétins qui palpitent, les seules thèses qui palpitent dans une tête perdue,
    eperdument suspendue et pendue entre les deux pôles d’une vie subie subite, entre les deux épaules de la victime.

    Dans le même centre excentré excentrique où la vie n’est que l’excès expansif d’une plaie morte, entre les deux tempes d’une tempête viol viol biologique, la tête
    tragique de l’homme loge en même temps deux antithèses tactiques, constantes et amantes, constamment prêtes à centrer leurs tics lubriques sur un sein, à s’entretuer
    sur le sein d’une synthèse réelle et luisante,-réalisant ainsi une sorte d’extase infirme-infinie, seule prothèse coupable capable dessous, de soulager sa panique, sa rage
    logique et sa tourmente.

    Tout état, tout, tout est à tout étage âme, tout est à jamais corps coordonné, donné, ordonné dans un corps et une âme emmurés à jamais
    dans un tout mou et muet, noué, ficelé, scellé à jamais à la roue des torts, des tortures où tout est mutuellement mutilé, déterminé, terminé,
    miné, état, état établi et obstrué, délimité, réglé, bouché et de toutes parts encerclé clef.

    Et pas de clef à la serrure de ce porc, de cette porte, pas de clef et pas de serrure, et si nos sens, si l’innocence tire à faux sur le vide qui l’absorbe, si pour sortir de
    l’absurde on doit d’abord l’aborder et dégorger, égorger l’essence d’une vie qui noue, qui nous borne et nous tente, et forcer les ondes qui ouvrent et qui ferment une porte
    existante, ne pas oublier que les pores, que les portes de prix, de prison, par dix ou par mille parmi nous, dissimulent partout une cour intérieure qui les entoure et les voile comme une
    loi qui se voit et qui se dévoile simultanément à la mort, à la morgue, orgue en orgasme dans tous les organes de lait de l’être, et que celui-ci se complaît dans
    son complexe complet où plaie, plèbe, blé et blessure réfléchissent l’être qui lèche ainsi sa morsure et qui fléchit sous la flèche qui le
    reflète.

    Où où ouvrir les prisons sur la scène du nouveau-né ou sur rien ne veut rien dire sinon défi, défilé creusé dans les cimes, dans les cimetières qui
    sont des berceaux, des os, des seaux de lait enterrés dans la matière d’une matrice d’où on déterre tous les jours le même ver de lait de l’être fou, fourré
    dans ce rien qui est tout, dans ce rien qui s’entoure de toutes parts par lui-même et qui sape, qui s’appelle pomme ou prison.

    Une prison c’est l’être lui-même cloîtré derrière sa clef et son cercle, et comme une louve au rire acre mais fier, l’ouvrir s’aime mieux à l’écart, c’est
    mieux écarter la rupture entre le cri sacré du moi et les griffes de l’autre, c’est à dire un moi, un moyen de sacrifier la créature à quelque chose d’autre, massacrer
    le créateur dans sa créature, et avec les os de l’écho du chaos et dans une sorte de coma de combat entre l’homme et l’atome, la tomate, l’automate, recréer le
    créé et être ainsi par rapt, par rapport à lui, la parade d’un para-être qui surgit et s’insurge à l’intérieur de soi-même comme le coma, comme une
    comète en coma dans le ventre de la terre.

    Ghérasim Luca

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