Atelier poésie (suite)

Les élèves poursuivent leur travail sur Apollinaire  (voir ici)…Et les plus en avance travaillent déjà sur Guillevic…

QUIZ_Apollinaire_8187

Clair de Lune.

Lune mellifluente aux lèvres des déments
Les vergers et les bourgs cette nuit sont gourmands
Les astres assez bien figurent les abeilles
De ce miel lumineux qui dégoutte des treilles
Car voici que tout doux et leur tombant du ciel
Chaque rayon de lune est un rayon de miel
Or caché je conçois la très douce aventure
J’ai peur du dard de feu de cette abeille Arcture
Qui posa dans mes mains des rayons décevants
Et prit son miel lunaire à la rose des vents.

Guillaume Apollinaire.

 

Les élèves:

Quelques chapitres tristes et effrayants

Sous des projecteurs qui brillent

Ont plongé l’enfant que je suis

Dans un monde imaginaire

et de fées de sang

qui posa dans mes mains des rayons décevants.

 

Clara G, 5ème.

 

 

ô calme nuit

Vibrante de douceur

ô clair de lune

Brûlant de lumière

Je me suis approchée pour voir l’infini

Et me suis vite heurtée au destin

J’en porte encore les traces

à la barrière de mes cils, tenace

ô petit rond pâle

Qui posa dans mes mains des rayons décevants

ô triste espoir

voilà déjà le soir

Et on ne m’a laissé le temps d’y croire

 

Domitille, 3ème.

 

 

Dans une maison près d’une forêt

les arbres cherchent la lune au point de ne plus la voir

C’est elle qui posa dans mes mains des rayons décevants

et des vieux livres de contes où je cherche mes parents

et la voix de ma grand -mère espiègle aux cheveux blancs.

 

Alice, 6ème.

 

 

images (1)

Le Voyageur

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant

La vie est variable aussi bien que l’Euripe

Tu regardais un banc de nuages descendre
Avec le paquebot orphelin vers les fièvres futures
Et de tous ces regrets de tous ces repentirs
Te souviens-tu
Vagues poissons arques fleurs surmarines
Une nuit c’était la mer
Et les fleuves s’y répandaient

Je m’en souviens je m’en souviens encore

Un soir je descendis dans une auberge triste
Auprès de Luxembourg
Dans le fond de la salle il s’envolait un Christ
Quelqu’un avait un furet
Un autre un hérisson
L’on jouait aux cartes
Et toi tu m’avais oublié

Te souviens-tu du long orphelinat des gares
Nous traversâmes des villes qui tout le jour tournaient
Et vomissaient la nuit le soleil des journées
Ô matelots ô femmes sombres et vous mes compagnons
Souvenez-vous-en

Deux matelots qui ne s’étaient jamais quittés
Deux matelots qui ne s’étaient jamais parlé
Le plus jeune en mourant tomba sur le côté

Ô vous chers compagnons
Sonneries électriques des gares chant des moissonneuses
Traîneau d’un boucher régiment des rues sans nombre
Cavalerie des ponts nuits livides de l’alcool
Les villes que j’ai vues vivaient comme des folles

Te souviens-tu des banlieues et du troupeau plaintif des paysages
Les cyprès projetaient sous la lune leurs ombres
J’écoutais cette nuit au déclin de l’été
Un oiseau langoureux et toujours irrité
Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre

Mais tandis que mourants roulaient vers l’estuaire
Tous les regards tous les regards de tous les yeux
Les bords étaient déserts herbus silencieux
Et la montagne à l’autre rive était très claire

Alors sans bruit sans qu’on pût voir rien de vivant
Contre le mont passèrent des ombres vivaces
De profil ou soudain tournant leurs vagues faces
Et tenant l’ombre de leurs lances en avant

Les ombres contre le mont perpendiculaire
Grandissaient ou parfois s’abaissaient brusquement
Et ces ombres barbues pleuraient humainement
En glissant pas à pas sur la montagne claire

Qui donc reconnais-tu sur ces vieilles photographies
Te souviens-tu du jour où une abeille tomba dans le feu
C’était tu t’en souviens à la fin de l’été

Deux matelots qui ne s’étaient jamais quittés
L’aîné portait au cou une chaîne de fer
Le plus jeune mettait ses cheveux blonds en tresse

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant

La vie est variable aussi bien que l’Euripe

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

 

Les élèves:

Même sans avoir la joie que d’autres facilement s’attribuent

Mon cœur est pur et se remplit de vertus

Le bonheur m’attriste et me grise

Me  voici  maintenant sous son emprise.

Peu importe me dirait-on

Mon sort en est scellé de toutes façons

Et l’issue n’en peut être que fatale

Ses flammes encore se consument mal.

Je suis seule. Devant moi une impasse

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant.

Les larmes du ciel se mélangent aux miennes.

La vivacité des couleurs a disparu

Le dehors est morne.Le monde s’est tu.

 

Kimi, 3ème.

 

 

L’eau ruisselle dans mes mains

Le froid vient me taillader

il pleut sous mon toit

 

Mon toit transparent

Qui laissa passer le vent

J’ai peur j’ai froid j’ai faim

Je vous offre le romarin

Mais

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant.

 

Domitille, 3ème.

 

 

Je n’ai pas voulu voir

Je me suis confinée dans le noir.

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant.

Déjà me manque le temps

Et j’entends les pas qui qui s’avancent vers moi

Sans jamais les voir.

 

Fanette, 6ème.

 

 

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant

Ces verrous fermés et ces lumières éteintes

Rendez-moi mon empreinte

Qui façonnent les nuits à pleurer

sur mon grand corps de plaintes.

 

Clémence, 3ème.

 

 

 

 

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