BRIBES (XVII)

Quand la beauté parle loin , très loin de ce qui se fait ou pas, de ce qui est emprunté par la technicité , l’âme coule en mots rares…
Merci Alain.

Niala-Loisobleu

P1050759

BRIBES (XVII)

De la guérite de sa gorge les cordes vocalisent comme un instrument à vent de garde tutélaire

Il surveillait la dune de son torse, les hanches attelées aux aisselles, à peine un mouvement de ses lèvres, que le soutien-gorge ne palissait plus la retenue des coulées de sable qu’en imagination

NOUS nous n’aimons pas la neige elle ne nous glisse rien qui transporte, en revanche ouvrez le sentier de la pointe espagnole et vous verrez les chiots partir en fusée

Quand je serais grande, disait-elle, je n’abîmerai pas le silence des pierres alignées à leurs racines, encore debout de la veille ou couchées d’antan sans s’être lâchées la main

un gisant levant la tête reconnût les notes d’une marche nuptiale où un fifre appuyait sur la nacre pendant que les guitares claquaient du talon

gitane poussière d’un élan qui résiste aux tourments les dents prêtes à mordre

chiens-loups…

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6 réflexions sur “BRIBES (XVII)

    • Cette écriture là brille de sincérité profonde et d’un déroulé de l’âme (venant du surréalisme) qu’on ne voit plus guère..en lieu et place et sans généraliser car je fais partie de ceux qui pensent qu’il s’est écrit, qu’il s’écrit et qu’il s’écrira encore et toujours le plus près de l’âme, je dirais quand -même que la technicité et le manque de rythme asphyxient beaucoup la poésie actuelle.
      D’aucuns te jugeront confus.
      Ce que ceux-là appelle le confus, je le place comme témoignage du corps en vie.

      Aimé par 1 personne

  1. L’écrit se confond au discours comme l’acte s’est volatilisé dans le report de dattes dans l’oasis en décor.
    Confuse la clarté s’obscurcit.
    Le surréalisme est sans conteste le trépan à percer l’au-delà inaccessible à d’aucuns pour qui le principe de rebond de l’écho abasourdit…
    Je t’embrasse ma Barbara.

    Aimé par 1 personne

  2. je te mets un poème de Luca qui traduit assez bien ma position et aborde le confus que je déclenche auprès de lecteurs qui ne peuvent franchir le seuil du premier degré….

    LA MORT MORTE

    C’est avec une extrême volupté mentale et dans un état d’excitation affective et physique ininterrompu que je poursuis en moi et hors de moi ce numéro d’acrobatie
    infinie

    Ces sauts contemplatifs actifs et lubriques

    que j’exécute

    simultanément allongé et debout

    jusque dans ma façon déroutante

    ou ignoble ou profondément aphrodisiaque

    ou parfaitement inintelligible

    de saluer de loin mes semblables

    de toucher ou de déplacer

    avec une indifférence feinte

    un couteau, un fruit

    ou la chevelure d’une femme

    ces sauts convulsifs que je provoque à l’intérieur de mon être convulsivement intégré â la grandiose convulsion universelle

    et dont la dialectique dominante m’était toujours accessible même si je n’en saisissais que les rapports travestis

    ont commencé ces derniers temps

    à m’opposer leur figure impénétrable

    comme si

    tout à la tentation de rencontrer

    plus que moi-même

    sur la surface d’un miroir

    j’en grattais impatiemment le tain

    pour assister

    stupéfait

    à ma propre disparition

    Il ne s’agit pas ici d’une maladresse

    sur le plan de la connaissance

    ni de la pieuse manœuvre de l’homme

    qui avoue orgueilleusement son ignorance

    Je ne me connais aucune curiosité intellectuelle

    et supporte sans le moindre scrupule mon peu d’intérêt

    pour les quelques questions fondamentales que se posent mes semblables

    Je pourrais mourir mille fois

    sans qu’un problème fondamental

    comme celui de la mort

    se pose à moi

    dans sa dimension philosophique

    cette manière de se laisser inquiéter

    par le mystère qui nous entoure

    m’a toujours paru relever

    d’un idéalisme implicite

    que l’approche soit matérialiste ou non

    La mort en tant qu’obstacle oppression, tyrannie, limite angoisse universelle

    en tant qu’ennemie réelle, quotidienne

    insupportable, inadmissible et inintelligible

    doit, pour devenir vraiment vulnérable

    et, partant, soluble

    m’apparaître dans les relations dialectiques

    minuscules et gigantesques

    que j’entretiens continuellement avec elle

    indépendamment de la place qu’elle occupe

    sur la ridicule échelle des valeurs

    En regard de la mort

    un parapluie trouvé dans la rue

    me semble aussi inquiétant

    que le sombre diagnostic d’un médecin

    Dans mes rapports avec la mort

    (avec les gants, le feu, le destin

    les battements de cœur, les fleurs…)

    prononcer fortuitement

    le mot moribonde

    au lieu de bien-aimée

    suffit pour alarmer ma médiumnité

    et le danger de mort

    qui menace ma bien-aimée

    et dont je prends connaissance

    par ce lapsus de prémonition subjective

    (je désire sa mort)

    et objective (elle est en danger de mort)

    m’inspire une contre-attaque

    d’envoûtement subjectif

    (je ne désire pas sa mort

    – ambivalence intérieure, culpabilité)

    et objectif (elle n’est pas en danger de mort

    – ambivalence extérieures, hasard favorable)

    Je fabrique un talisman-simulacre

    d’après un procédé automatique

    de mon invention (l’Œil magnétique)

    la fabrication de ce talisman intégrée aux autres surdéterminantes prémonitoires, angoissantes, accidentelles

    nécessaires, mécaniques et erotiques

    qui délimitent ensemble

    un comportement envers la mort

    étant la seule expression praticable

    d’un contact dialectique avec la mort

    la seule à poser réellement

    le problème de la mort

    en vue de sa solution (de sa dissolution)

    L’état de désolation-panique

    et de catalepsie morale

    auquel m’a réduit la récente incompréhension

    de mes propres sauts dialectiques

    n’a aucun rapport avec une attitude

    intellectuelle

    devant le problème de la connaissance

    Le fait que ces trente derniers jours aient été plus obscurs que jamais aurait pu me troubler comme un existant inconnu comme un nouveau dérèglement

    D’ailleurs, c’est systématiquement

    que j’entretiens autour de moi

    un climat de brume continuelle

    de mystères puérils, simulés, insolubles

    intentionnellement et voluptueusement

    déroutantes

    On sait que l’analyse

    comme n’importe quelle autre méthode

    d’interprétation rationnelle ou irrationnelle

    n’est qu’une possibilité partielle

    de dévoiler le mystère

    dans la mesure où chaque vérité découverte

    ne fait que le voiler davantage

    et lui confère une attraction théorique

    à la manière de ces femmes irrésistibles

    et hystérisantes du début du siècle

    que l’amour couvrait de plusieurs enveloppes

    de dentelles, de parfum et de vertige

    Ce n’est donc pas l’échec de mes interprétations au cours de ces trente derniers jours qui me fait désespérer

    Ce qui provoque mon désespoir, ma perplexité

    le chaos de ma pensée et une douleur atroce

    au creux de ma poitrine

    c’est l’échec de ma singulière

    apparition au monde au début de cette année

    menacée de se dissoudre

    d’une manière lamentable

    c’est la grande, la monstrueuse déception

    que me cause mon propre personnage

    drogué à l’idée d’évoluer

    avec une agilité jamais atteinte

    à la frontière de la veille et du sommeil

    entre le oui et le non

    le possible et l’impossible

    pour se trouver soudain

    devant l’envers du décor

    dans un monde d’illusions

    et d’erreurs fondamentales

    qui ne pardonnent pas et qui transforment

    mon inégalable et inimaginable existence

    en blessure

    Dans ce monde latéral où je me sens jeté sans savoir quelle erreur j’ai commise

    (même sur le plan précaire de la culpabilité) sans savoir ce qui m’est arrivé, ni pourquoi je ne ressens que les effets catastrophiques de l’erreur, l’avalanche d’agressions
    et de cruautés, probablement nécessaire que le monde extérieur déclenche contre moi

    Toutes les personnes qui m’entourent me trahissent, sans exception

    Tous les objets, toutes les femmes

    et tous les amis, le climat, les chats

    le paysage, la misère, absolument

    tout ce qui me guette avec amour ou haine

    profite de mon immense faiblesse

    (conséquence d’une erreur théorique

    qui m’échappe)

    pour me frapper de plein fouet

    avec une lâcheté dégoûtante

    mais sans doute d’autant plus nécessaire

    D’un coup, je me trouve dans une chambre

    glacée, affamé, seul, sale

    la trahison oedipienne tapie

    dans toutes mes ombres malade, oublié, misérable tremblant de froid et de peur dans des draps mouillés de fièvre et de larmes

    A la lumière

    de ces agressions atroces et subites

    (véritables signaux d’alarme)

    les étreintes suaves qui les accompagnent

    me paraissent tout à coup suspectes

    et j’éprouve la nécessité brûlante

    de créer autour de moi un vide correspondant

    au vide théorique qui paralyse

    toute mon activité mentale

    écartant par cette projection

    pour insupportable qu’elle soit

    le mélange douceâtre de bien et de mal

    que le monde extérieur m’impose

    image du double oedipien

    et masque le plus sinistre de l’erreur

    Après ce coup inattendu

    je ne supporte pas la pensée

    de chercher refuge dans les bras de l’aimée

    en vertu d’un instinct

    de conservation machinal

    les bras de l’aimée

    participent, eux aussi, à cette violence

    et leur complicité invisible jusqu’ici

    apparaît nettement si nous y cherchons refuge

    si nous commettons l’erreur impardonnable

    de réduire la réalité objective de l’amour

    aux réalités les plus apparentes

    et confusionnelles du monde extérieur

    Pour éviter cette fuite

    dans une illusion consolante

    je préfère démasquer la complicité partielle

    de l’aimée que d’idéaliser

    ses charmes compensateurs

    je préfère pousser mon désespoir

    jusqu’à sa dernière conséquence

    (qui doit comporter

    une issue dialectique favorable)

    plutôt que de chercher un abri

    où faire panser mes blessures et nettoyer

    mes plaies, à moins que par un adorable lapsus

    l’aimée ne confonde avec candeur

    le flacon de poison avec la teinture d’iode

    Il me suffit de bouger dans une pièce obscure à la recherche d’une photo ou d’un mouchoir et de me cogner ou de me piquer à une aiguille pour engager dans le mystère de
    cette goutte de sang au bout de mon doigt les causalités erotiques les plus lointaines et les conjonctions astrales, sociales et universelles les plus invraisemblables

    Je sais dans quelle mesure

    mon désespoir projeté sur la totalité

    des personnes qui m’entourent

    est susceptible de suggérer

    la manie de la persécution

    dans sa phase aiguë, mais cet aspect

    de mon comportement ne saurait abolir

    la signification objective

    que j’attribue à la paranoïa

    d’autant que pour dénoncer les gens que j’aime

    je dispose d’un matériel analytique

    convaincant par lui-même

    sans qu’il soit besoin

    de l’appui maniaque de ma personne

    D’ailleurs, peu importe que mes accusations soient légitimes ou non

    Ce qui m’intéresse, ce que je ressens comme une nécessité irrésistible c’est de soutenir par mes actes jusque dans leurs conséquences les plus absurdes le vide
    théorique qui me remplit indépendamment de la douleur passagère que je m’inflige et de la catégorie masochiste dans laquelle apparemment je tombe

    Pour moi, le seul plaisir objectivement désirable, celui qui n’a jamais été éprouvé, ne peut être suscité que par une euphorie mentale concomitante jamais
    imaginée, jamais pensée

    Les erreurs théoriques que j’ai dû commettre

    et qui m’ont rendu ces derniers temps

    si vulnérable au sadisme permanent

    du monde extérieur

    ne peuvent trouver d’issue

    que si je me maintiens dans l’équilibre

    instable de la négation

    et de la négation de la négation

    seule façon d’être toujours en accord

    avec soi-même

    Le vide théorique que je ressens

    comme si je vivais jour et nuit

    sous une machine pneumatique

    m’oblige à envoyer à tous les gens qui m’aiment

    des lettres de rupture où je dénonce leur haine

    leur amour ayant pour moi tous les caractères

    latents de la haine générale

    L’éloignement physique de ces personnes est non seulement une mise en pratique de mon vide théorique mais aussi une élémentaire mesure de sécurité

    Depuis quelques jours

    je ne vois plus personne

    et si l’absence de la femme aimée

    de la voix et de la chaleur humaine

    me cause parfois une peur assez excitante

    par contre ma solitude forcée, systématique

    cynégétique, aggrave au-delà de toute limite

    mon immense, mon incommensurable désespoir

    Je ne sais plus quoi faire

    Après avoir tout fait

    pour être d’accord avec moi-même

    (comme est d’accord la balle

    avec le sang qu’elle répand)

    après avoir évité tous les pièges douillets

    que me tendait le monde extérieur

    pour compenser, dans sa perfidie œdipienne

    le mal immense qu’il me faisait

    après avoir réfléchi mon vide théorique comme dans le miroir d’un miroir

    ur ma vie déserte, sur mes gestes interrompus r mes insomnies torturantes et prolongées

    ur mon agonie perpétuelle

    je ne vois pas ce que je pourrais faire

    de mon personnage pétrifié par tant de désespoir

    sinon le mettre face à face avec la mort

    car seule la mort peut exprimer

    dans son langage obscurantiste et fatal

    la mort réelle qui me consume

    me traverse et m’obscurcit

    jusqu’à l’anéantissement

    En me dirigeant vers la mort

    comme vers la conclusion presque logique

    de ma négation

    je bute contre un obstacle quantitatif

    dans lequel je reconnais

    comme dans les viscères pourris d’un porc

    toute la trivialité du
    Créateur

    son imagination élémentaire

    utilitaire et ignoble

    Cette mort grossière, naturelle, traumatique encore plus castrante que la naissance qu’elle réfléchit et complète me paraît insupportable non seulement parce qu’elle
    pousse l’idée de castration

    jusqu’au monstrueux anéantissement physique mais parce que cette mort unidimensionnelle ne correspond pas aux sauts dialectiques qui nous y mènent

    son opposition fixe, mécanique, absolue rend impossible l’expression libre des nécessités, là où les causes et les effets sont empêchés d’échanger leurs
    destins

    La présence permanente de la mort

    dans la nuit funéraire de mon être

    ne prendra jamais, en tant que nécessité

    les aspects paralysants de la mort

    inventée par le
    Créateur

    cette mort (cette vie) structurellement

    religieuse disparaîtra avec la dernière

    répression

    La mort que je contiens comme une nécessité comme la soupape du désespoir comme une réplique de l’amour et de la haine comme un prolongement de mon être

    à l’intérieur de ses propres contradictions

    cette mort, je la reconnais

    dans certains aspects angoissants

    et lubriques du rêve, dans la toxicomanie

    dans la catalepsie, dans l’automatisme

    ambulatoire

    toujours à l’intersection de l’homme et de l’ombre de l’ombre et de la flamme

    je la reconnais dans ma nécrophiiie masquée quand j’oblige mon aimée à garder pendant l’amour une passivité de glace

    je la reconnais même dans l’acte mécanique du sommeil, dans l’évanouissement ou l’épilepsie

    mais je ne reconnaîtrai jamais même dans mes rêveries les plus auto-flagellantes

    l’objectivité de ce phénomène sinistre

    qui nous monotonise

    nous répète et nous extermine

    comme si nous étions la victime

    mille fois millénaire

    d’un monomane sénile et cynique

    Le prolongement de cette mort nécessaire

    qui ne s’opposerait plus traumatiquement

    à la vie et qui la résoudrait

    dans le sens d’une négation ininterrompue

    où soient perpétuellement possibles

    la réciprocité et l’inversion causale

    le prolongement de cette mort objective

    comme une réplique à ma vie objective

    à travers laquelle passe

    à une tension toujours extrême

    l’objectivité incandescente de mes amours

    m’oblige aujourd’hui

    dans un état de désolation panique

    sans limite, de catalepsie morale

    poussée jusqu’au vide théorique

    et de désespoir insoluble, macabre

    et symptomatiquement révolutionnaire

    à aggraver cet état d’irritation aiguë en l’exaspérant jusqu’à sa négation impossible, et jusqu’à la négation exaspérante de l’impossible là
    où la mort

    pour être dévorée comme une femme quitte ses quantités traumatiques et s’embrase qualitativement thaumaturgiquement et adorablement dans l’humour

    En utilisant les signes chiffrés

    de notre tatouage intérieur

    en faisant de nouveau appel

    à l’Irrespirable
    Triangle de l’artifice

    à la
    Femme aux mille
    Fourrures

    de l’automatisme

    au
    Cœur
    Double du somnambulisme provoqué

    et à la
    Grande, à l’Inégalable
    Baleine

    du simulacre

    Je fais plusieurs jours de suite des tentatives de suicide qui ne sont pas seulement

    une conséquence logique

    de mes déceptions, de ma saturation

    et de mon désespoir subjectif

    mais la première victoire réelle

    et virtuelle

    sur ce
    Paralytique
    Général
    Absolu

    qu’est la mort

    Ghérasim Luca

    Aimé par 1 personne

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