« L’âge d’or » de Diane Mazloum.

téléchargement (4)Fin des années 1960. Rock et pattes d’éph, insouciance et soleil sur la peau satinée des femmes. Ce sont les derniers jours de l’âge d’or du Liban, mais personne ne le sait encore. Certainement pas Georgina, jeune chrétienne à la beauté troublante. Ni Roland, son premier amour, qui la guette au bord d’une piscine, dans cette torpeur suave où s’agite leur groupe d’amis noceurs, à l’ombre des conversations d’adultes et des turbines d’avion – grondement de la terreur à venir.
Pendant ce temps, Ali Hassan Salameh, fils d’un leader historique palestinien, s’apprête à prendre les armes. Il deviendra l’homme le plus beau et le plus dangereux du Moyen-Orient.
En traçant les destinées de Georgina, devenue Miss Univers, idole chérie d’un peuple enfantin, et d’Ali Hassan, chef de guerre musulman recherché de tous et surtout du Mossad, Diane Mazloum signe une fresque vibrante qui nous emporte au cœur des années 70 et de la guerre civile libanaise. Georgina est l’histoire d’un amour, d’une famille, d’un pays, dans la fièvre d’une époque où l’on se déchire entre frères. La tragédie d’un peuple pour qui rien ne sera jamais plus comme avant.

A ceux qui sont nés avant moi » pourrait être la dédicace de L’Age d’or, le deuxième roman de Diane Mazloum. Née en 1980 à Paris, dans une famille libanaise qui y avait fui la guerre civile, elle a choisi de raconter l’histoire de son pays entre 1967 et 1979, la décennie qui a précédé sa naissance. Une décennie effectivement décisive, où s’ancrent les prémices du désastre proche-oriental actuel.

Une des belles réussites de ce livre est la façon dont la romancière évolue dans les dédales de cette histoire éminemment complexe. En treize chapitres, se déroulant pour la plupart sur une seule journée, elle égrène, année après année, les combats que se livrent les voisins du Liban, le conflit israélo-palestinien, la lutte souterraine des services secrets, le terrorisme, la guerre civile libanaise. Elle évoque avec subtilité le jeu des alliances étrangères, les faiblesses et les fragilités intérieures qui ne cessent de faire de ce petit pays la terre d’élection de tant de violence – à en être dévasté.

Pendant trois ans, Diane Mazloum a consulté les archives, rencontré historiens et analystes politiques et beaucoup interrogé ses aînés. Elle a sans nul doute lu les ouvrages des romanciers libanais de la génération précédente, qui ont été à la fois les écrivains et les protagonistes de l’histoire qu’elle cherche à reconstituer, Elias Khoury, Amin Maalouf, Jabbour Douaihy ou encore Dominique Eddé qui, dans Kamal Jann (Albin Michel, 2012) a écrit : « Le Liban est inexplicable. »

Editions J-C Lattes.

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