» Un petit chef-d’oeuvre de littérature » de Luc Chomarat.

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Ce livre bref a plus d’un tour dans son sac. Le premier est évidemment le titre, induisant l’ironie comme fil conducteur et ne laissant au lecteur que le choix de la connivence. Pas difficile, celle-ci opère dès la première page, où ledit « chef-d’œuvre» se pique de tutoyer Proust. Il est entendu que le personnage principal du livre sera le livre lui-même en train (plus ou moins) de s’écrire, son auteur (invisible) étant confondu avec lui. Y compris quand il « monte à Paris » dans le même TGV qu’un certain Rastignac. S’ensuit un démontage patient, maniaque, léger, de tous les mécanismes du petit monde littéraire — car il est également entendu que ce monde est petit, à l’image de l’humanité qui l’anime. L’auteur informe y pourrait prendre aussi bien les traits d’un candide voltairien que d’un cynique à la Cioran. Les références à d’autres ouvrages, chefs-d’œuvre ou non, sont semées comme des petits cailloux d’égale grosseur, le namedropping est à la fois précis et insouciant. Il y aurait quelque vanité dans l’entreprise de Luc Chomarat (qui signa chez le même éditeur Les Dix Meilleurs Films de tous les temps, sur le ton d’un fan fervent du cinéaste japonais Ozu) si la manière de cet inqualifiable objet — ni roman ni récit, ni essai ni pamphlet, ni fable ni farce, un peu tout cela — n’était d’une irrésistible ­drôlerie. Le temps file très vite à lire cette aventure en papier, fière de l’être. Un court trajet de train, et la lecture vous secoue doucement, mieux que la machine.

| Ed. Marest, 144 p.

Un article Telerama.

2 réflexions sur “ » Un petit chef-d’oeuvre de littérature » de Luc Chomarat.

  1. je ne suis pas fou de la connivence forcée (une connivence peut elle être forcée et rester de la connivence ?), ni de la vie du microcosme litteréditorial, ni des couvertures qui se parent d’une rousse nue sur une peau d’ours.e ; sans compter que par ici, les courts trajets en train n’existent pas : c’est forcément plus de deux heures avant d’arriver quelque part. Alors, par respect pour ton avis, je le lirai, mais pas avant que la bib du coin l’acquiert et si je ne l’oublie pas d’ici là.
    🙂

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