Carte Postale (VII)

28572796422_52afd9e96d_b

Je vous écris

De mon pré ferroviaire qui prend chaque jour davantage la forme du verbe donnant seul à voir l’âme fière que j’habite en ses tendres imprécisions

J’ai froncé rail après rail le cuivre de mes soucis comme vous me l’aviez appris et je fais attention

À ne pas épouser toutes les tristesses de métal qui s’empalent sur des voies d’abandon

Et pourtant aujourd’hui le silence est en rang devant un deuil à genoux

Vous souvenez-vous?

Combien de compagnons vermeils qui n’épousaient pas la cause des grands nuages avons-nous perdu au seuil large de nos grands soleils?

Je cherche en mon jardin un surcroît de confiance à l’immanence arraché

Et le recul du doute qu’on devine parfois dans les jours ordinaires

Je vous touche du regard à la lampe qui éclaire

J’attends de vous plus que jamais

La persistance et l’origine

 

Libérée de ce jour sévère

Demain encore je vous écrirai

 

Barbara Auzou.

10 réflexions sur “Carte Postale (VII)

  1. Qu’est-ce que tu sous-entends dans le mot « origine » dans « J’attends de vous plus que jamais
    La persistance et l’origine », est-ce que cela renvoie à « l’immanence arrachée »? Ce poème a l’air si profond qu’on a envie d’en percer le sens à tout moment, à chaque ligne. Percer le sens intime qui nous permettra peut-être de nous révéler à nous-mêmes (retour aux « origines », « retrouver notre âme fière) ?)

    Aimé par 1 personne

  2. Et pourtant tendu plus que le pare-buffle d’un char romain que puis-je pour vous éviter les chocs de cette journée ?
    Déjà ce qui touche à notre intime partage circule autour du monde par l’ineptie du reblog. Je serais surpris que celui qu’on enterre aujourd’hui lui ait envoyé un faire-part à la planète….
    Je suis d’un autre alliage que le plomb fondu. Laissez-moi recomposer votre vitrail…

    Aimé par 1 personne

    • Un jour nous pénétrerons dans l’intimité de deuils nouveaux et par dizaines, s’aligneront les bougies modestes face à la magnificence de l’autel. Là, leur plainte jaune, cette humble flamme, dans sa fragilité même, exprimera l’étonnement d’un mort entré chez les morts comme en s’excusant, comme l’on referme sur soi une porte…
      Franck Venaille.

      Mes vitraux se recolorent face au grand veilleur que vous êtes…

      Aimé par 1 personne

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s