« C’était un voyage à l’aube vers le sud…. » de Seamus Heaney.

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Seamus Heaney (1939-2013)

Omniprésente, imperturbable
Est la vie dont surgit la mort.
Il ne faut pas de plainte, il ne faut nulle plainte
Puisque les seigles ondulent près des ruines

 

 

C’était un voyage à l’aube vers le sud, par la campagne
Bordée de hauts murs. Entre les rochers encore froids
Et les miroitements lointains de l’eau de pluie, 

 

Au sortir d’un virage j’ai croisé le renard pétrifié :
Un face-à-face au milieu de la route.
Vif plongeon, demi-tour : la sauvagerie même

Était dans cette fauve fuite au ras du sol.
Ô la tête adorable, la queue fabuleuse, l’œil hagard
Embrasés au matin par ma Volkswagen bleue !

Laissez-moi renaître par l’eau, par le désir,
Par une course en arrière sur un sol de clinique :
Franchir à rebours cet iris effaré.

 

trad. Patrick Hersant, Gallimard 2005.

 

Dans un sens, l’efficacité de la poésie est nulle. Aucun poète lyrique n’a jamais arrêté un tank. Mais dans un autre sens elle est illimitée.

 

4 réflexions sur “« C’était un voyage à l’aube vers le sud…. » de Seamus Heaney.

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