Carte Postale (XIV)

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Affligée d’un gros rhume

Je vous écris pourtant comme un pourvoyeur d’été qui tend fébrilement sa pauvre fleur de papier dans la brume

Je mange le vent de la saison un peu à contre-temps et observe le vieux monde se baigner dans son eau sale ressassant son monologue de sourd qui sonne comme un recensement

Alors je renverse le mouvement cultivant en parfaite vestale l’instant où poussent les yeux sur le silence et puis l’élan

C’est fou ce que l’on voit du vivre quand on se tient à l’écart du vivant

Sachez que le verbe reste en fleur sous le givre mais que tellement occupés à ne pas nous décevoir nous ne vîmes pas la collision des contraires ni les taupinières attaquer les dents du jardin

À lui donner un costume de sourires et de printemps il faudra sérieusement pourvoir

Il se fait tard

Je vous écrirai demain

 

Barbara Auzou.

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