Passée la fleur…

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Passée la fleur et puis sa larme sèche en suspension sous les armes d’orgueil qui ordonnent à l’herbe de cesser de croître

Pâle allégorie du poème qui d’un menton imberbe désigne le goitre obscène d’une lune morte tout à l’heure dans le carreau du temps

 

Barbara Auzou.

2 réflexions sur “Passée la fleur…

  1. UNITE ORIGINAIREMENT SYNTHÉTIQUE DE L’APERCEPTION

    NON, je ne suis pas venu pour cela, si c’est ce qui te tourmente. Laisse donc. A quoi bon !

    — pas de gestes — nous nous entendons mieux que tu ne penses. C’était pendant que tu dormais à poings fermés que cette idée m’était venue. L’expression est
    curieuse — avoue-le

    — mais j’ai prise au besoin ailleurs que dans les défauts du langage, et je ne saurais lire à livre ouvert dans de si curieux épanchements nocturnes. Il n’y a rien là
    qui puisse te blesser.

    Je me suis trouvé, puis perdu dans les couloirs de ce théâtre, comme une aiguille dans une botte de foin.

    J’avais rencontré en rêve une femme fort belle. Tu ris déjà, tu crois ne pouvoir supporter une allégorie aussi bouffonne. Pourtant, je suis plus vieux que tu ne
    penses.

    Une figure de style t’accompagnait quand tu croyais te porter seule à d’aussi coupables extrémités.

    J’ai ce pouvoir. Mais une minute encore, et ce sera trop tard. La chance d’une porte entrebâillée sur une lumière, qui claque au moment où on passe devant, très tard,
    dans ces couloirs d’hôtel d’une ville inconnue où tout désoriente. Naturellement, on n’entre jamais.

    J’ai eu le plaisir de saluer ce matin le poète Francis Jammes, au volant de son cylindre à vapeur.

    Tu n’as pas de secrets pour moi. Les serrures que tu poses çà et là sur les portes douteuses par où tu t’évades ? Je suis revenu aussi des coups de tête et des
    portes qui claquent sur un circuit monotone, comme des salles de musée où tout ramène à l’issue du fatigant manège de chevaux de bois. Non, je voulais parler seulement
    de cette intonation singulière, un peu trop aiguë — tendue si tu veux — que tu prenais à ce week-end de juin dernier pour me raconter ton voyage dans un wagon
    excessivement comble. Longtemps, cette note un peu flûtée fit pour moi baisser d’un degré l’intensité du jour, si parfois je la retrouvais dans ces méandres d’une
    conversation à bâtons rompus où je l’avoue tu excelles. Des bêtises.

    J’ai connu une maison où on servait les petits fours dans des feuilles de roses — mais tout de même, trop, c’est trop.

    Ce sont de bien grands mots. Pourtant, en quittant Lucien à la sortie du théâtre, j’ai trouvé ta conduite singulière. La conversation, c’est vrai, s’était mal
    engagée ! Lucien est un charmant garçon. A tous points de vue. Mais tu es nerveuse.

    J’ai deux grands bœufs dans mon étable. Cela peut surprendre — mais après tout n’a que la valeur d’une simple constatation.

    J’ai pensé à Hélène, en lisant le dernier roman de Mauriac. Tu ne trouves pas ? Tous ces chagrins ont beaucoup abrégé la vie de sa mère.

    Nous faisons un brin de causette dans les couloirs du métro, quand je descends vider mon seau de toilette.

    Non, rien. C’était une idée. Tu vas rire. Mais, comme les adolescents vont dans les musées bien tenus rêver de préférence sur la solution d’un humble problème
    technique, — moi je me suis souvent surpris à contempler une statue de Jeanne d’Arc, ou la photographie d’une pêcheuse de crevettes, — captivé toujours au-delà
    de toute mesure par l’image absorbante d’une femme prolongée par un étendard.

    Julien Gracq

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