« Notre âge d’or », Un siècle américain, volume 3/ Jane Smiley.

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Jane Smiley a consacré quatre ans à écrire les trois tomes d’Un siècle américain. Pas loin de deux mille pages et un arbre généalogique touffu, pour constituer l’histoire de la famille Langdon, de 1920 à 2019. Notre âge d’or, le troisième volet (1,) qui s’étend de 1987 à nos jours, vient conclure cette aventure passionnante — un travail titanesque, une fiction où l’histoire personnelle et universelle est cousue au petit point. Tout a commencé dans les années 1920, lorsque Walter et Rosanna achetèrent quelques hectares dans l’Iowa, afin d’y bâtir une exploitation agricole et d’y ancrer leur famille. Parmi les enfants et petits-enfants, certains fileront à Chi­cago ou à Washington, d’autres resteront attachés à leur terre — tandis que la grande dépression, la guerre mondiale, les assassinats des Kennedy, les guerres du Vietnam puis d’Irak… interviendront dans leur destinée.

Notre âge d’or est un titre où la dérision le dispute à l’ironie, à l’heure où les Américains élisent un ex-acteur, Ronald Reagan, à la tête du pays. Mais plus encore que la politique, la toute-puissance de Wall Street ou l’élection d’Obama, c’est la vie quotidienne qui continue de passionner Jane Smiley — et son lecteur. Qui se glisse autour de la table de fête où la famille est réunie. Entend Michael hurler à propos des subventions agricoles. Rêve avec les plus jeunes de filer à Manhattan pour se lancer dans l’immobilier… Plus tard, la ferme sera vendue à un groupe financier, les terres s’appauvriront, et les anciens vieilliront et mourront en regardant une dernière fois le lever de soleil sur l’Iowa. C’est la fin d’un pays béni, mais les Langdon sont toujours vivants, et prêts à en découdre avec le monde.

Jane Smiley a achevé son épopée en 2014, et donc inventé les cinq années suivantes. Si Trump n’est pas envisagé — mais était-il envisageable ? —, la vision de la romancière n’en est pas moins d’une justesse parfaite, spontanée comme son écriture, foncièrement originale et définitivement empathique.

(1) Nos premiers jours et Nos révolutions sont disponibles en coll. Rivages-poche.

Golden Age, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Carine Chichereau, éd. Rivages

Un article Télérama.fr

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