Un Oiseau et des Cerises 1974

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J’avais des rêves

des rêves  L’orée était indécise

et l’ardeur largement dispensée

et toujours j’espérais cueillir des cerises

l’âme folle d’irréel sur un empan du ciel

connu de moi seule  Je voyais d’année

en année les visages et les linceuls

qui recouvraient le vert manquement du vivre

et je jurais à la feuille et au jus qui coulait

gourmand sur mon menton que je serai

un petit ravin bien habité La Vouivre

des premiers romans que je lisais têtue

J’avais au cœur les couleurs d’un oiseau que je ne voyais

jamais  Je partageais en silence avec lui mes cerises

gagnées à la seule force du mollet  Elles étaient pour nous

et je contemplais en contre-bas la maison derrière mes genoux

dont je mesurerais pour longtemps la grâce vivante

et la peine infinie

 

Barbara Auzou.

4 réflexions sur “Un Oiseau et des Cerises 1974

  1. Le fruitier onirique ne pouvait qu’être que ton arbre à toi
    celui de soie que personne ne peut prendre
    je pense que j’y suis enté
    la greffe osseuse du noyau
    Sacrée force de vouloir Vouivre
    ça coule partout pulpe comprise jusqu’aux oreilles
    et le derrière du genou
    plein la maison
    Je t’as corde le village blanc de la Femme, Ma…
    N-L

    Aimé par 2 personnes

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