Le pont du temps

le pont du temps

Ce n’est pas d’une enjambée

Que l’on franchit le pont du temps

Je me hâte mais cela se hâte

Derrière moi et aussi devant

Je suis là infiniment et pourtant

La femme que tu caresses

Devient déjà celle que tu as caressée

Tout à l’heure sur tapis de laines

Se succédant superposés

Sur la chaîne des faits

Au-dessus des villages

De givre inconsolés

On entend le chœur inchangé

Des oiseaux

J’accorde ma voix à la leur

Et j’emmène avec moi

Ce qui fut

Ce qui est

Et ce qui sera

Nous

Avec tout son monde dedans

 

Barbara Auzou.

9 réflexions sur “Le pont du temps

  1. « Ce n’est pas d’une enjambée
    « Que l’on franchit le pont du temps… »

    Cette photo du pont des « six liards », sur la Jonte à Ayres en Lozère, que l’on pourrait presque traverser en une enjambée, et votre touchant poème, ont fait soudain chanter ma mémoire en nos temps terribles : un poème d’Aragon, « Les ponts de Cé » (1942), dans lequel le poète déguisé en troubadour périgourdin rend un hommage appuyé à « l’éternelle fiancée », pas Elsa, non, pour une fois, mais la France, la France en guerre, sa France qui souffre.

    « Et les armes désamorcées,
    « Et les larmes mal effacées,
    « Ô ma France, ô ma délaissée,
    « J’ai traversé les ponts de Cé. »

    Francis Poulenc l’avait déposé dans un écrin musical si délicat…

    Mon billet sur « Perles d’Orphée », jadis en 2015 :
    https://perlesdorphee.wordpress.com/2015/09/03/c/

    Merci d’avoir réveillé cette émotion !

    Aimé par 1 personne

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