4 Septembre 1948/ Lettre d’Albert Camus à Maria Casares

camus

Mercredi soir , pour la dernière fois il faisait très beau.Nous nous promenions avec Char sur le sommet de la montagne du Vaucluse où nous étions montés, dans la nuit, en voiture. La voie lactée plongeait dans la vallée et rejoignait la buée lumineuse qui montait des villages.

On ne savait plus ce qui était étoile ou lumière des hommes. Il y avait des villages dans le ciel et des constellations dans la montagne. La nuit était si belle, si vaste, si parfumée qu’on se sentait un coeur grand comme le monde. Et pourtant tu remplissais ce coeur. Et je n’ai jamais pensé à toi avec tant d’abandon et de joie.

Je débrunis à vue d’œil…Tu n’auras donc pas à m’envier. Nous aurons la couleur du temps.

Maintenant nous allons vivre.

Albert Camus/ Maria Casarès, correspondances (1944-1959)

albert camus et rené Char

Albert Camus et René Char. (1948)

Une réflexion sur “4 Septembre 1948/ Lettre d’Albert Camus à Maria Casares

  1. Je dirai VASTITUDE au regard de cette missive qui réunit ce qu’il peut y avoir de plus grand au monde.
    Le lieu, les êtres dans un amour partagé. C’est l’absolu…
    Fermant les yeux pour vivre cet instant, je me retrouve propulsé dans notre éternité…
    N-L

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