Les pâturages/ Francis Jammes

Francis_Jammes_en_1917

Les pâturages, au bord des eaux, sont épais.

La pluie lourde a couché les blés trempés,

et les feuilles des berges sont très vertes,

excepté que les saules sont en cendre légère.

Les foins, comme des ruches, sont dressés.

Les coteaux sont si doux qu’ils semblent caressés.

Poète ami, tout serait doux sans la douleur

qui nous enlève tous les plaisirs du cœur.

Je crois qu’il est inutile d’essayer de la fuir,

car la guêpe ne quitte guère les prairies.

Laissons donc la
Vie aller, et les vaches noires

paître près des endroits où elles ont à boire.

Plaignons tous ceux qui souffrent lentement,

tous ceux qui sont comme nous, et tous le sont vraiment,

excepté qu’ils n’ont pas tous du talent.

C’est la seule différence, mais c’est important.

Une bonne consolation est un amour charmant,

comme une jeune fraise au bord d’un vieux torrent.

3 réflexions sur “Les pâturages/ Francis Jammes

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