l’Aconit/ Jacques Dupin

Un seul mot portera la réplique et le coup de grâce. Sa vision qui s’élabore dans la profondeur de ma main doit vaincre les sarcasmes du printemps, la félicité des
oiseaux de passage, l’air léger… Un mot dont la clémence à midi se dénudera, brûlera…

Et ce ne serait plus le nombre de la folie, mais la seule invocation, dans les désordres de l’amour, qui éveillât au cœur de la bien-aimée, cette pierre de lune, ce
flacon de vent, le très petit trident qui féconde la parole. Un souverain trait de rupture entre le mal et son retour pour que s’impriment et s’effacent, sur les sables nubiles, un
enchevêtrement de signes ,— et le signe suivant.

3 réflexions sur “l’Aconit/ Jacques Dupin

      • SON AVIDITE N’A D’ÉGAL QUE MOI

        Donneuse monde en mouvement
        Cernée de plaisir comme un feu
        Dans l’ombre tu te diriges mieux qu’une ombre
        Tête accordée

        Mon cœur bat dans tout ton corps
        Dans tes retraites préférées
        Sur l’herbe blanche de la nuit
        Sous les arbres noyés

        Nous passons notre vie
        A renverser les heures
        Nous inventons le temps

        Et d’un seul coup comme toujours

        Des verdures et des oiseaux

        Où sommes-nous

        Soufflent sur tes regards

        Se posent sur tes paupières

        Garde-toi de bouger

        Les guirlandes de tes membres

        Sont pour des fêtes moins subtiles

        Pas un geste apparent
        On nous croit immobiles
        Tant nous sommes secrets

        Donne ton juste poids à l’aube

        A l’horizon le nerf de la balance

        Le cratère d’une couronne d’air pur

        Sur ta chevelure folle

        Mille bouffées d’écume entre les lèvres du soleil

        Ou l’aile battante de ton sang

        Donne ta force ta chaleur
        L’été massif brutal amer
        De tes paumes et de ta bouche
        Donne ta fatigue limpide

        Donne ta douceur ta confiance

        Dans l’étendue de tes yeux

        Il y a tantôt un château charmant

        Ouvert comme un papillon à tous les vents

        Tantôt une masure terrible

        Une dernière caresse

        Destinée à nous séparer

        Tantôt le vin tantôt une rivière

        Close comme un essaim d’abeilles

        Viens là docile viens oublier
        Pour que tout recommence.

        Paul Eluard

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