Au pied d’un seul arbre VIII

je suis venue avec le dé à coudre dont j’avais hérité

j’ai tenté de filer un bon coton dans le réseau de tes branches

je cherchais un lieu exempt de toute brûlure dont les martinets

seraient à la fois la source et puis l’élan

tu m’as confirmé qu’il n’était pas vain d’écrire sur la nuit

avec ses mots blancs

que séparer ce qui danse c’est vider les jambes de la raison

de leurs courbes

et tu as posé tes mains sur la narration enfoncée de mes détours

comme on capture le renard des âges par la ride horizontale de l’amour

j’ai vu la lune l’envers de sa solitude femme à présent

la terre entière s’est adoucie j’étends

la fourche de mon nid dans l’ordre humide d’un autre ciel

d’une autre ramure pour mieux trembler

et pour oser

 

Barbara Auzou.

6 réflexions sur “Au pied d’un seul arbre VIII

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