Au pied d’un seul arbre XVI

je me suis allumée vivante sur des rivières

et comme elle était étrange la chantante de l’eau

adossée à ma seule franchise

et elle tirait au coeur et elle tirait au corps

chevelue dans les algues chuchotée dans les roseaux

il n’est aucun oiseau que nos solitudes n’encensent

et dans la bête délivrée que l’on promène partout

trône une forêt première une friandise parfois réduite

à sa plus simple expression

un loup sous l’auvent la feuillée avant le fruit

le vent d’une chanson

ou la beauté roturière d’un genou

comme un animal d’orage et d’orange

à l’écart du grand nombre et bousculée d’embellies

des eaux non-guérie je m’endors au pied d’un seul arbre

 

Barbara Auzou.

7 réflexions sur “Au pied d’un seul arbre XVI

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