Tout joue, rien ne nous abuse

La Gomera / Canaries

comme tous ces oiseaux qu’on entend

et qu’on ne voit jamais je n’aurai

plus à imaginer comment tu dors sans moi

ici les jours sont modelés d’espace et de vertes

vallées la mémoire y bavarde avec de noires rainettes

et j’écoute pluvieuse et lancinante la vague au faîte

d’un séquoia bercer nos cœurs d’enfants

avant de s’endormir dans l’orbe de nos mains

je t’envoie ce chant sifflé très ancien

qui sait l’euphorbe et la forêt millénaire

de tant d’enlacements

dans cette chambre lucide les nuages

se gonflent à perdre haleine

des ravins pourtant se lancent à la mer

dans une dernière ruse de la soif

tout joue

rien ne nous abuse

 

Barbara Auzou.

6 réflexions sur “Tout joue, rien ne nous abuse

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