Fièvre de la petite-pierre d’Alsace

Nous avancions sur l’étendue embrasée des forêts, comme l’étrave face aux lames, onde remontée des nuits, maintenant livrée à la solidarité de l’éclatement et de la destruction.
Derrière cette cloison sauvage, au delà de ce plafond, retraite d’un stentor réduit au silence et à la ferveur, se trouvait-il un ciel?

Nous le vîmes à l’instant que le village nous apparut, bâtisse d’aurore et de soir nonchalant, nef à l’ancre dans l’attente de notre montée.

Bonds obstinés, marche prospère, nous sommes à la fois les passants et la grand-voile de la mer journalière aux prises avec des lignes, à l’infini, de barques.
Tu nous l’apprends, sous-bois.
Sitôt le feu mortel traversé.

2 réflexions sur “Fièvre de la petite-pierre d’Alsace

  1. Et l’envie de partager avec toi ce poème. Auquel je retourne sans cesse depuis plusieurs jours… René C. dit de ce poème qu’il est l’un de ses plus achevés.
    Bises, Barbara.

    J’HABITE UNE DOULEUR

    Ne laisse pas le soin de gouverner ton coeur à ces tendresses parentes de l’automne auquel elles empruntent sa placide allure et son affable agonie. L’oeil est précoce à se plisser. La souffrance connaît peu de mots. Préfère te coucher sans fardeau: tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger. Tu rêveras que ta maison n’a plus de vitres. Tu es impatient de t’unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit. D’autres chanteront l’incorporation mélodieuse, les chairs qui ne personnifient plus que la sorcellerie du sablier. Tu condamneras la gratitude qui se répète. Plus tard, on t’identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l’impossible.

    Pourtant.

    Tu n’as fait qu’augmenter le poids de ta nuit. Tu es retourné à la pêche aux murailles, à la canicule sans été. Tu es furieux contre ton amour au centre d’une entente qui s’affole. Songe à la maison parfaite que tu ne verras jamais monter. A quand la récolte de l’abîme? Mais tu as crevé les yeux du lion. Tu crois voir passer la beauté au-dessus des lavandes noires…

    Qu’est-ce qui t’a hissé, une fois encore, un peu plus haut, sans te convaincre?

    Il n’y a pas de siège pur.

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