Lente approche du ciel / Jacques Réda

C’est lui, ce ciel d’hiver illimité, fragile,
Où les mots ont la transparence et la délicatesse du givre,
Et la peau froide enfin son ancien parfum de forêt,
C’est lui qui nous contient, qui est notre exacte demeure.
Et nous posons des doigts plus fins sur l’horizon,
Dans la cendre bleue des villages.
Est-il un seul mur et sa mousse, un seul jardin,
Un seul fil du silence où le temps resplendit
Avec l’éclat méditatif de la première neige,
Est-il un seul caillou qui ne nous soit connus ?
Ô juste courbure du ciel, tu réponds à nos cœurs
Qui parfois sont limpides. Alors,
Celle qui marche à pas légers derrière chaque haie
S’approche ; elle est l’approche incessante de l’étendue,
Et sa douceur va nous saisir. Mais nous pouvons attendre,
Ici, dans la clarté qui déjà nous unit, enveloppés
De notre vie ainsi que d’une éblouissante fourrure.

p.48
Extraits Amen (1968), Poésie-Gallimard, 1988.

Une réflexion sur “Lente approche du ciel / Jacques Réda

  1. Plutôt qu’apporter l’acquiescement simple au contenu de ce vivant poème matinal, l’envie de l’accompagner d’un ensemble d’actes me sort du coeur par l’âme
    Comme la résurrection de l’Epoque vécue depuis quelques jours et officialisée hier par l’éditeur sur la base de son socle le plus solide: 20113
    Les cailloux y jouissent du droit d’existence absolu, comme les mises au couché ne pourraient comprendre d’être privées de la bouture des corps
    Limpides alors se font les réponses, tout est voie dans la voix et ses ses gestes

    N-L

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