Au pied d’un seul arbre XXII

qui donc nous rêve me demandais-tu

tandis que j’échangeais l’idée de mer

pour un terrain boisé

au bout de la logique déviée

d’un unique chemin

j’avais du pain

pour les oiseaux du ciel

et des recoins

pour la confidence où dormait

la forme éternellement blanche

éternellement belle

de deux corps enlacés

passé le seuil que tu défendais

nue jusqu’aux racines de tes jambes torses

j’ai emprunté ton sommeil

pour rendre le mien plus léger

puis je l’ai laissé pousser à l’envers

pour lui redonner ses droits

tu me donnais à voir

j’en devenais assidue

et je t’ai dit quel nom je donnais

à l’infini

aux bêtes sauvages libres de vent

à toutes ces choses dont l’existence

se passe de signification

j’ai rincé mes cheveux dans la prairie

joué les superstitions à cloche-pied

je viens réchauffer le chemin

qui nous promène

lui offrir sa juste envergure

l’épure d’une écorce

 

nous sommes trop loin désormais

pour entendre leurs voix

 

Barbara Auzou.

 

4 réflexions sur “Au pied d’un seul arbre XXII

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