Au pied d’un seul arbre XXIII

pour une aube autrement

pour le pourboire discret d’un bruissement

je lance mon poing joyeux dans l’aile de ton jardin

je roule à tes pieds et sur quelques toises de terrain

les yeux d’or un peu trop grands de mon enfance

je m’installe enfant terreuse avec mon corps

de femme

qui se fend gourmand vers le bleu

et qu’on ose aujourd’hui encore

me dire que je ne sais pas voler

moi qui sans cesse cherche à faire entrer

la veine heureuse dans le mot nu

je suis un oiseau d’ignorance éblouie

vêtu d’une tendre et franche vivacité

répondant seulement à sa saison d’appel

et je ne veux exister que pour avoir vécu

dans la fraîcheur de tes bras défaits

aux parfums de chambre ouverte

où les draps de sable se disputent joyeux

aux draps du ciel

 

Barbara Auzou.

6 réflexions sur “Au pied d’un seul arbre XXIII

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