Des chalutiers dans les veines

Parc national du Gros Morne, à Terre-Neuve-Labrador

passés nos propres éperons

d’érosion passé le sapin baumier

nous coucherons les troupeaux de nos peurs

dans des étables béantes à ciel ouvert

et sous un crépuscule offusqué de lueurs

nous déroulerons dans nos âmes l’inventaire

de tout ce qui ne se laisse pas apprivoiser facilement

la maison côtière blanche où l’esprit se meut lentement

la bouffée d’air que bouleverse tout un couchant

et ma voix pour une fois sans limite dans le matin

comme une île te dira

-reste

on s’habitue si vite à dormir face à la mer

que l’on reprend à pied l’itinéraire

d’une tendresse dévêtue

on se met dans les veines les chalutiers

d’un exil volontaire qui croit encore en l’innocence

 

Barbara Auzou.

7 réflexions sur “Des chalutiers dans les veines

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