Au pied d’un seul arbre XXIV

ai-je parlé en dormant?

me reprend au matin

ce mutisme tremblant

ce battement sucré doucement

mon silence embrassé comme

vivre avec quelqu’un

et je remonte la veine du sens

sur ton bois blanc de craie

avec les pesanteurs tournées

entre mes doigts en élégance

je cueille des brins d’émotivité

et des mots vaudous pour retrouver

ce qui perdure en moi de primitif

femme entière flamme qui se couche

uniformément bleue sur la vie équivoque

pour l’oreille le doux tant il est vrai

que toute entente demeure musicale

de la serre chaude de l’animal naïf

à la moiteur de la vie végétale

et pour cette spiritualité sans dieux

que l’on touche dans l’œil du pollen

 

Comme le nom d’une fleur mauve

qu’on aurait oublié mais qu’on évoque

-était-ce une primevère?

je viens remonter mon col sur tes hivers

 

Barbara Auzou.

5 réflexions sur “Au pied d’un seul arbre XXIV

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s