Même quand mon souvenir / Ismael Kadaré

Ismail Kadare – écrivain – portrait – chez lui à Paris

MÊME QUAND MON SOUVENIR…

Même quand mon souvenir affaibli,
pareil aux trams d’après minuit,
ne s’arrêtera plus qu’aux principaux arrêts,
jamais je ne t’oublierai.

Je garderai en mémoire
le crépuscule immense et silencieux de ton regard,
et ce gémissement étouffé contre mon épaule
comme les flocons d’une neige un peu folle.

C’est l’heure de se séparer.
Je vais m’en aller loin de toi.
Rien là qui puisse étonner.
Pourtant, une autre nuit, les doigts
d’un autre dans tes cheveux viendront
s’entrelacer aux miens, mes doigts
de milliers de kilomètres de long.

                                                                     1961

 

version française établie par Claude Durand et l’auteur
avec la collaboration de Mira Mexi, Edmond Tupja et Jusuf Vrioni

pris de : I.K. : Poèmes. Nouvelle édition 1957-1997.
Paris : Éditions Fayard 1997.

 

EDHE KUR KUJTESA

 

Edhe kur kujtesa ime e lodhur,
Ashtu si ato tramvajet e pasmesnatës
Vetëm në stacionet kryesore do të ndalojë,
Unë ty s’do të harroj.

Do të kujtoj
Mbrëmjen e heshtur, të pafund të syve të tu,
Dënesën e mbytur, rrëzuar mbi supin tim
Si një dëborë të pashkundshme.

Ndarja erdhi,
Po iki larg prej teje.
Asgjë e jashtëzakonshme,
Veç ndonjë natë
Gishtat e dikujt do pleksen në flokët e tu
Me të largëtit gishtat e mi, me kilometra të gjatë.


1961

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