Douzième lettre pour toi

penchée au sourire en coin de ce papier et la fleur énumérable à la gencive

je t’écris

d’aucuns penseraient que ces missives ne sont que roses anciennes et antiques romances d’un épistolaire compassé qu’entretiennent d’enfantines mains

mais le jardin s’en moque comme de sa première robe c’est certain

la poésie de la terre ne cesse pas pour autant

les mots ne devraient jamais trembler lorsqu’ils sont habités d’un dépouillement toujours plus nécessaire

l’énigme du vivre oui mais loin d’une démarche éthérée qui épouserait un faux mystère comme on contracte un mariage blanc entre un espace endetté et ce qui ne cesse de geindre

alors je joue avec l’aube et la brise innocemment et je tiens en mon bec le soleil d’un pur moment car c’est ainsi que s’épanche le jour dans la fenêtre du monde avec nos choses bleues belles de leur ténacité

les ongles courts sur le cuir retourné de la terre

passe tout près de moi ton souffle un instant

et je te laisse ma voix toujours près du timbre

 

B.

2 réflexions sur “Douzième lettre pour toi

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