Treizième lettre pour toi

j’ai dans les yeux le verbe labile des pluies

je t’écris

comme un bateau venu de la haute-mer pour t’apercevoir un peu entre deux oiseaux indolents

fleur journalière tournant sur la tige de notre conciliabule exclusif pour en écumer tous les silences

tu sais faute de soleil je continue opiniâtrement à parler une langue maternelle à l’oreille de mon arbre à soie en instance de floraison dans cet été tout de guingois

bien plus qu’à celle des orages il est à l’image de ton sommeil incliné sur mon épaule en sa tendre négligence

parce que toi et moi savons que la beauté existe et ce qu’elle signifie quand elle remonte au soir la plante vulnérable du vouloir

parce que je le confesse les mots que je murmure aux fleurs fragiles sont davantage à ton adresse

je ne me mettrai pas en retard et m’en vais poster ce pli

attendant en retour la comète de ton incessant sourire par où la vie

entre

sauvage

 

B.

4 réflexions sur “Treizième lettre pour toi

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