Quatorzième lettre pour toi

je t’écris

ce matin le ciel s’est arrondi comme un sein pour vérifier la solidité de nos attaches

et d’un pétale à l’autre le vent a escorté la fable de nos jardins sur nos joues immobiles

parfois rien n’est plus facile que le métier de vivant quand tournent les moissons reposées entre nos mains et que l’on s’invente une cinquième saison où la pluie n’est qu’un nuage renversé qui prend le soleil

je vais et je viens dévorant la lumière verte que flaire le vent de la bonne occasion

et je m’allonge souvent pour me faire un méridien parallèle au tien

tu sais comme me demeure étranger tout ce qui n’est pas immédiatement compréhensible par la peau

que mes mots te soient des gestes tendrement répandus

un baiser fruité jusqu’à l’éclat irrépressible où fume encore un peu d’été

 

B.

9 réflexions sur “Quatorzième lettre pour toi

  1. C’est émouvant et beau…

    « que mes mots te soient des gestes tendrement répandus
    un baiser fruité jusqu’à l’éclat irrépressible où fume encore un peu d’été »

    Une brume s’assoupissant dans la rosée du matin, comme pour la couvrir.

    Que la journée vous soit douce comme cette missive Barbara. xx

    Aimé par 1 personne

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