Seizième lettre pour toi

un temps incertain trace ses bissectrices dans un ciel de cristal ébréché

et mon front s’appuie sur ce qui porte plus haut

je t’écris

j’ai sous les yeux les colliers de silence sertis de bleu des oiseaux retranchés dans cette saison saturée d’elle-même

et le vent exerce son autorité sans faille sur l’éolienne des marguerites effeuillées sans raison

mais je connais le maquis des lumières complices

je sais où elles se replient et combien tu n’en es jamais loin

comme un bel éclair calme

je t’aime

j’aurais voulu être cette dormeuse de midi qui s’allonge dans l’herbe sans fin de tes mains d’été et qu’il me pousse des mousses émues dans la bouche

tu sais l’accueil farouche que je réserve au mot charmant au mot joli pour qualifier la poésie

on la trahit au coeur même de son visage d’eau douce

lui qui n’avait rien demandé pourtant sinon passer un secret muet

dans un bouquet de fleurs des prés

survivant

 

B.

6 réflexions sur “Seizième lettre pour toi

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