Sonnet de la douce plainte / Fédérico Garcia Lorca / Traduction d’André Belamich


J’ai peur de perdre la merveille
de tes yeux de statue, et l’accent
que, pendant la nuit, pose sur ma joue
la rose solitaire de ton haleine.
J’ai peine à n’être en cette rive
qu’un tronc sans branches; et ce qui me désole
est de ne pas avoir la fleur, pulpe ou argile,
pour le ver de ma souffrance.
Et si toi tu es mon trésor occulte,
si tu es ma croix, ma douleur mouillée,
si je suis le chien de ton domaine,
ne me laisse pas perdre ce que j’ai gagné
et décore les eaux de ton fleuve
avec les feuilles de mon automne désolé.

6 réflexions sur “Sonnet de la douce plainte / Fédérico Garcia Lorca / Traduction d’André Belamich

  1. Soneto de la dulce queja (Lorca)
    —————–

    Tengo miedo a perder la maravilla
    de tus ojos de estatua y el acento
    que de noche me pone en la mejilla
    la solitaria rosa de tu aliento.

    Tengo pena de ser en esta orilla
    tronco sin ramas; y lo que más siento
    es no tener la flor, pulpa o arcilla,
    para el gusano de mi sufrimiento.

    Si tú eres el tesoro oculto mío,
    si eres mi cruz y mi dolor mojado,
    si soy el perro de tu señorío,

    no me dejes perder lo que he ganado
    y decora las aguas de tu río
    con hojas de mi otoño enajenado.

    Aimé par 1 personne

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