Trentième lettre pour toi

la lumière dort encore

des arbres sonores qui travaillent la nuit encerclent mon coeur

je t’écris

et je laisse les rumeurs des lendemains jouer ensemble

il y a dans mon jardin des oiseaux plus vrais que le nom qu’on leur donne qui redressent les parts féminines du monde avec leurs bras en péninsules et leurs rivières débordées sur les mains

et j’en tremble

on ne dit jamais assez à quel point la paix est une tension

l’effort entier de l’être vers un abandon qui est la chose la plus difficile à offrir et la moins offerte

m’approchant de la fenêtre c’est mon visage que je vois

il creuse une galerie dans les dernières gouttes de nuit avec un bâton d’étoiles

je pose ma main sur tes rêves

j’en fixe l’impossible prix l’idéal et le confort tendre du passage

il y a un chant de succion dans l’allée

je marche au-dehors de moi pour te retrouver

et la rosée est magnifiquement myope de son avenir

B.

6 réflexions sur “Trentième lettre pour toi

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