Appartenance XII

je serai sur ton seuil

comme on vient convier la vie

dans l’instant avec ses reins immenses

je te surprendrai blanche au ventre des années

pousserai la pierre qui roule vers nos yeux

qui jouent à chat-perché avec l’enfance

cette chambre d’écoute où l’on ne s’occupe

à rien d’autre que de nourrir un feu

d’herbes folles et de feuilles

de toi j’ai appris à imiter les arbres

et leurs étranges coutumes

j’accroche follement mes bras

à leurs branches

pour arrondir les hanches du vécu

avec ma nudité vraie et tendre

avec la complicité d’un ciel vigoureux

il me reste une chance

de vivre et partir dans le bon costume

laisse-moi goûter avec toi un repos

de vin clair dans le cœur pointu des roses

 

Barbara Auzou.

6 réflexions sur “Appartenance XII

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