Trente et unième lettre pour toi

le temps polit son humidité

une douceur à froid qui me traverse comme on traverse une journée

je t’écris

des becs de pluie tapent dans les hautes bottes de l’aube

prétendants acharnés d’un dimanche qui pince et c’est comme si ils voulaient me dérober ma couvée de ronds dans l’eau et de rires frais

au faisan des mots qui plastronnent j’oppose la grâce tendre de nos mains noueuses qui s’étonnent et cherchent la beauté dans les basses branches

j’ai trop épié tu sais ce réseau de brisures féroces

le haut compliment qui dit le poème joli et que l’on accroche illico à une vitesse que le temps ourdit

pour ne pas m’acheminer terriblement confiante vers un peu plus d’évidence

je sais désormais que la luciole des mots ne se grille que sur les lampes pâles des cœurs fatigués

et je garde en balance la sérénité idéale que tu tentes de m’apprendre sachant très bien que je fais semblant de ne pas la comprendre

l’espalier où je dors d’aimer a les flancs blancs et le sourire vaste de ce qui mord doucement dans ton silence et maintient longtemps l’aube et toi dans un souffle égal que l’on pourrait- à raison- m’envier

dis-moi encore

as-tu reçu les oiseaux que je t’ai envoyés?

B.

2 réflexions sur “Trente et unième lettre pour toi

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