Absence / Ismaël Kadaré

Quelques gouttes de pluie ont frappé à la vitre
et j’ai soudain senti combien tu me manquais;
Nous habitons pourtant la même ville
Sans pour ainsi dire nous voir jamais.
Ce matin j’ai l’impression que l’automne
débute avec de drôles d’idées:
pas de cigognes dans le ciel morne,
pas d’arcs-en-ciel après l’ondée.
Une phrase d’Héraclite, il me semble,
m’est revenue je ne sais trop comment:
«Les gens éveillés vivent ensemble;
ceux qui dorment, séparément.»
En quel mauvais rêve avons-nous été engloutis
pour ne plus pouvoir nous réveiller?
A la vitre ont frappé quelques gouttes de pluie
et j’ai soudain senti combien tu me manquais.

(Ismaïl Kadaré)

2 réflexions sur “Absence / Ismaël Kadaré

  1. « Mall

    Ca pika shiu rane mbi qelq.
    Per ty une befas ndjeva mall.
    Jetojme te dy ne nje qytet,
    Dhe rralle shihemi sa rralle.

    Edhe m’u duk pak e cuditshme
    Si erdh kjo vjeshte, ky mengjes.
    Me qiejt e ngrysur pa lejleke
    Dhe shirat pa ylber ne mes.

    Dhe thenia e vjeter e Heraklitit
    Sec m’u kujtua sot per dreq:
    « Te zgjuarit jane bashke ne bote,
    Kurse te fjeturit jane vec ».

    Ne c’enderr kemi rene kaq keq,
    Qe dot s’po zgjohemi valle?…
    Ca pika shiu rane mbi qelq
    Dhe une per ty sec ndjeva mall. »

    Aimé par 1 personne

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