Ma payse IX

je m’affuble de bleu

je confie cette douceur-là

à ma peau

il y a des cris d’oiseaux

dans l’intervalle de mes yeux

et des craquements à l’épaule

de la plaine

je t’écris tous les jours un peu

pour ne pas nous oublier

c’est mon gué tendre

ma maison du haut

ronde comme une totalité

un noyau

poussée sur l’ongle rongé

d’un jardin en retard d’une saison

la joie s’y endort derrière le temps

légèrement en aval

pour mieux se fendre

d’un sourire de rosée quand

elle congédie le berger bref de nos nuits

de laine

et nous voilà intenses sans cesser

d’être simples

délestées peut-être du vert des pluies

et des mille doigts du vent

en avance sans le savoir d’un éternel printemps

et de plusieurs genévriers

 

Barbara Auzou.

2 réflexions sur “Ma payse IX

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